Actualité

Coronavirus : Petit traité de confinement à l’usage des réfractaires – Vous êtes maintenant comme à Gaza ! – Plus de moitié de la planète plongée dans la pauvreté ? (Oxfam) – La proposition des Verts européens pour des Coronabonds – Plus jamais çà (signons) – Repenser l’après – L’Afrique et l’économie informelle – Et pendant ce temps-là, la précarité énergétique (Belgique) – Quand la crise sanitaire fait exploser le logement – Avec Eric Toussaint (CADTM) – Avec Attac France – Demander aux banques de distribuer de l’argent, c’est comme demander à Dracula de donner du sang !- Appel conjoint germano-italien à la solidarité – Pour renflouer les banques, utilisons leurs dividendes – Les femmes à l’avant et au centre – Dès maintenant ! (Serge Halimi – Le Monde Diplo) – Les bouteilles d’oxygène Luxfer aux mains de BlackRock – Les sans-abris en France – Battre le fer tant qu’il est chaud … – Le projet Zachée – Dans les maisons de repos en Belgique – Sortir d’urgence la santé des mains du marché – L’échec du Conseil européen : signe fatal … – Du côté du Canada – Gel des dividendes à l’échelle européenne – La justice fiscale et le Coronavirus – Faut-il remercier les évadés fiscaux qui donnent des masques ? – Des prêts solidaires de la Kfw pour les PME italiennes ? – Rélocaliser ? une nécessité … – 40 ans de néolibéralisme … (P.Sikka) – Décidons ensemble de qui paiera la facture ! – ET l’impôt (Tax Justice Network) ? -L’Espagne nationalise tous ses hôpitaux privés – La situation des travailleurs des titres-services – Bruxelles-Ville (CPAS), les soins à domicile s’arrêtent ! -N’oubliez pas le programme de Bart de Wever (par Eric Goeman) -La recherche pour les vaccins et les profits vont à la compétition, non à la collaboration – Et l’Europe ? (Sven Giegold)

Petit traité de confinement à l’usage des réfractaires (de Belgique et d’ailleurs) – Mediapart

https://blogs.mediapart.fr/le-moral-necessaire/blog/060420/petit-traite-de-confinement-l-usage-des-refractaires-de-belgique-et-d-ailleurs

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Avec le Coronavirus, vous êtes maintenant comme à Gaza ! (Agence Media Palestine)

https://preview.mailerlite.com/r6s0p3/1395025586501453071/g2o9/

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Selon un rapport d’Oxfam, plus de 500 millions de personnes pourraient plonger dans la pauvreté suite au Coronavirus et à l’arrêt de l’économie informelle dans le Sud. La pauvreté suivant les critères officiels, dépasserait alors plus de la moitié de la population mondiale.

https://www.theguardian.com/world/2020/apr/09/coronavirus-could-push-half-a-billion-people-into-poverty-oxfam-warns

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6. avril 2020

Les Verts au Parlement européen présentent la proposition Corona-Bonds comme réponse européenne à la crise

Aujourd’hui, les députés verts de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen ont présenté leur proposition de réponse budgétaire européenne à la crise de Corona. Les Verts sont le seul groupe au Parlement européen à avoir une position commune sur cette question. Ils appellent à l’émission d’obligations corona communes à échéance longue de 1 billion d’euros par un fonds de l’UE, garanti par les États membres et établi conjointement par le Parlement européen et le Conseil des ministres par le biais de la co-législation. La proposition verte s’appuie sur la proposition intergouvernementale du gouvernement français et l’étend à la codécision démocratique du Parlement européen. La proposition pourrait être adoptée rapidement, un groupe plus restreint d’Etats membres serait également possible. Dans le contexte de la crise de Corona, les fonds permettraient des dépenses là où elles sont le plus nécessaires. Après leur expiration, les obligations seraient remboursées conjointement par les États membres au prorata de leur puissance économique respective. De cette manière, l’Europe pourrait fournir une aide pour les coûts directs de la crise corona et soutenir la stabilisation et le redémarrage des économies européennes. Sept économistes éminents d’Allemagne ont présenté une proposition comparable et il existe plusieurs propositions similaires au niveau européen. Demain, des décisions de l’Eurogroupe sur la réponse budgétaire européenne à la crise de Corona sont attendues. Sept économistes éminents d’Allemagne ont présenté une proposition comparable et il existe plusieurs propositions similaires au niveau européen. Demain, des décisions de l’Eurogroupe sur la réponse budgétaire européenne à la crise de Corona sont attendues. Sept économistes éminents d’Allemagne ont présenté une proposition comparable et il existe plusieurs propositions similaires au niveau européen. Demain, des décisions de l’Eurogroupe sur la réponse budgétaire européenne à la crise de Corona sont attendues.

L’eurodéputé Sven Giegold, porte-parole de la politique économique et financière du groupe Verts / ALE, a déclaré:

«La solidarité de la communauté européenne est mise à l’épreuve. La crise de Corona n’a été provoquée par aucun pays. La solidarité européenne est à l’ordre du jour. La solidarité européenne signifie une responsabilité politique et financière partagée. Les propositions du gouvernement allemand pour la gestion des crises dans la zone euro sont insuffisantes. Nous avons besoin d’obligations corona européennes pour lever 1 billion d’euros. Avec des obligations corona communes, nous pouvons assumer conjointement les coûts de la santé publique, de la stabilisation économique et de la reconstruction de nos économies. Les plans de reconstruction doivent être conformes à l’accord de Paris et aux objectifs du Green Deal de la Commission européenne. La solidarité en Europe signifie financer ensemble des tâches communes et rembourser les fonds ensemble. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons empêcher une division profonde et à long terme de l’Europe.

Ceux qui s’opposent aux obligations conjointes transfèrent simplement la responsabilité conjointe à la BCE indépendante, la déplaçant ainsi en dehors du processus décisionnel démocratique. Les dirigeants européens ne doivent pas à nouveau charger la politique monétaire de la gestion de crise et se dérober à la politique budgétaire européenne nécessaire.

Demain, les ministres des finances doivent envoyer un signal fort de solidarité européenne et s’abstenir d’imposer des conditions d’austérité néfastes aux pays particulièrement touchés par la crise. Le gouvernement allemand ne doit pas être mesquin envers ses amis européens dans cette situation d’urgence, car l’Allemagne a le plus profité de l’euro. Lorsque des pays comme l’Italie ou l’Espagne souffrent économiquement, l’Allemagne et l’ensemble de la zone euro en souffriront finalement. »

Lien vers le papier Green Corona-Bond: https://sven-giegold.de/wp-content/uploads/2020/04/20-4-06-Greens-proposal-corona-fund-signed-2.pdf

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Plus jamais çà – signons  ! pétition

https://adherez.attac.org/civicrm/mailing/view?reset=1&id=6577cd51b23c6649

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Débat sur l’après Coronavirus …

Le quotidien Le Soir a consacré un dossier de deux pages dans son édition du w-e des 4 et 5 avril Évidemment le choix des citations est le résultat d’une décision du journaliste.

On pourrait donner ce titre au débat: Repenser l’après-coronavirus: dans la crise actuelle – Débat entre des néolibéraux et des « alter »

https://plus.lesoir.be/292096/article/2020-04-03/repenser-lapres-coronavirus-dans-la-crise-actuelle-letat-nest-pas-le-probleme

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Afrique : La pandémie et les millions de personnes concernées par l’économie informelle :

https://qz.com/africa/1831785/coronavirus-citizens-in-africas-informal-economy-try-to-survive/?utm_source=email&utm_medium=africa-weekly-brief

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Recommandations de la Plateforme de lutte contre la Précarité énergétique à propos des défauts de paiement (Belgique)

Le nouveau Baromètre la Précarité énergétique, réalisé à la demande de la Fondation Roi Baudouin, montre un chiffre persistant d’un ménage sur cinq en situation de précarité énergétique. Cela concerne 27,6% des ménages en Wallonie, 25,6% à Bruxelles et 15% en Flandre. Les ménages sans revenu du travail – pour la plupart, des femmes avec enfant(s) – et les personnes isolées – surtout les femmes isolées de plus de 65 ans – sont les plus à risque.

Coordonnée par la Fondation, la Plateforme de lutte contre la Précarité énergétique rassemble les différents acteurs concernés – des fournisseurs et distributeurs d’énergie aux CPAS et associations de lutte contre la pauvreté – pour étudier la problématique et soutenir des actions concrètes. La Plateforme émet aujourd’hui de nouvelles recommandations afin d’éviter les défauts de paiement et les coupures d’énergie, optimaliser et humaniser les procédures de recouvrement.

Les ménages qui ont des difficultés à payer leurs factures d’énergie se retrouvent dans une procédure de recouvrement, un processus complexe qui varie d’une Région à l’autre. Souvent, les factures impayées s’accumulent, tout comme les frais annexes, ce qui a un impact énorme sur le quotidien des ménages concernés. Leur situation risque encore de s’aggraver compte tenu des limitations liées au coronavirus qui engendrent une augmentation de la consommation d’énergie à domicile, alors que certains ménages perdent une partie de leurs revenus.

Sur la base de témoignages recueillis par la Plateforme, et d’une analyse des procédures en cas de défaut de paiement dans les trois Régions, les membres de la Plateforme ont remis, de manière consensuelle, 26 recommandations à la Fondation Roi Baudouin. La moitié porte sur des compétences fédérales et l’autre moitié se concentre sur des problèmes qui se posent surtout au niveau régional.

Une partie des recommandations vise à éviter les problèmes de paiement, ce qui doit être la priorité. Il s’agit par exemple d’aider les ménages à estimer correctement les acomptes et ainsi éviter l’arrivée imprévue d’importantes factures de régularisation. Lorsqu’un ménage se retrouve malgré tout en défaut de paiement, il faut lui apporter une aide et optimaliser les procédures. La Plateforme conseille entre autres aux fournisseurs d’orienter les ménages vers le CPAS ou vers un service de médiation de dette agréé en cas de désaccord sur un plan de paiement. Il faut aussi veiller à bien communiquer, utiliser un langage accessible et compréhensible. La Plateforme encourage les acteurs en contact avec les ménages à les traiter avec bienveillance et à inclure cette dimension dans la formation de leurs collaborateurs.

Pour la Plateforme, le déploiement des compteurs digitaux constitue une opportunité et un levier d’améliorations. Ils doivent permettent, tant aux CPAS qu’aux ménages précarisés (pas uniquement en situation de défaut de paiement), de mieux suivre et contrôler leur consommation énergétique.

Lisez aussi:

 

Baromètre de la précarité énergétique

 

Recommandations de la Plateforme de lutte contre la Précarité énergétique

 

Témoignages

 

Vidéo
 

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Quand la crise sanitaire fait exploser la crise du logement (Lef on line)

https://www.lef-online.be/index.php/20758-quand-la-crise-sanitaire-fait-exploser-la-crise-du-logement?tmpl=component&print=1&layout=default&page=

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«La pandémie de coronavirus fait partie d’une crise multidimensionnelle du capitalisme»

 

par Eric Toussaint, Henri Wilno

31 mars 2020

Vous avez écrit dans un article récent: « Le coronavirus a été l’étincelle ou le déclencheur de la crise boursière, pas sa cause. » Peux-tu être plus précis?

Alors que les gouvernements et les médias grand public continuent de prétendre que la crise boursière est une conséquence de la pandémie de coronavirus, j’ai souligné que tous les ingrédients d’une autre crise financière étaient présents depuis plusieurs années et que le coronavirus n’était que l’étincelle ou le déclencheur de la crise boursière , pas sa cause ( Non, le coronavirus n’est pas responsable de la chute des cours des actions ). La quantité de choses volatiles dans la sphère financière avait depuis longtemps atteint le point de saturation et nous savions qu’une étincelle pouvait entraîner une énorme explosion. Nous ne savions pas quand ni comment cela se produirait, mais nous savions que cela pourrait se produire.

Le premier choc boursier majeur s’est produit en décembre 2018 à Wall Street. Sous la pression d’une poignée de grandes banques privées et de l’administration Donald Trump, la Réserve fédérale américaine (la Fed) a repris ses baisses de taux. Une nouvelle frénésie de hausse des cours des actions a éclaté et les grandes sociétés ont continué à racheter leurs propres actions afin d’amplifier le processus Voir ( Pour faire face à la crise multiforme du capitalisme, les banquiers doivent être expropriés et les banques socialisées ). Les grandes sociétés privées ont augmenté leur niveau d’endettement et les principaux fonds d’investissement ont contracté des prêts pour acheter des sociétés de toutes sortes, y compris dans l’industrie manufacturière.

Ensuite, toujours à Wall Street, de septembre à décembre 2019, il y a eu une crise majeure due à une pénurie de liquidités. La Fed a fait une intervention massive, injectant des centaines de milliards de dollars pour éviter l’effondrement des marchés ( The Credit Crunch is Back et la Réserve fédérale panique sur un océan de dette ). La Banque centrale européenne (BCE) et d’autres grandes banques centrales (Royaume-Uni, Japon, Chine, etc.) ont mis en œuvre plus ou moins le même type de politique et portent désormais une énorme responsabilité dans l’accumulation d’éléments volatils dans la sphère financière.

Bien entendu, l’ampleur de la baisse de la production dans les mois qui suivront mars 2020 sera sans précédent par rapport aux crises des 70 dernières années. Ce sera écrasant. Mais la crise de la production avait déjà commencé à grande échelle en 2019, notamment dans l’industrie automobile avec une chute massive des ventes en Chine, en Inde, en Allemagne, au Royaume-Uni et dans d’autres pays. La surproduction a également affecté le secteur de la fabrication d’équipements et de machines-outils en Allemagne, l’un des principaux producteurs mondiaux dans le domaine. La croissance industrielle chinoise a connu un grave ralentissement, qui a eu de graves conséquences pour les pays exportant vers la Chine, qu’il s’agisse d’équipements, de voitures ou de matières premières. Au cours du deuxième semestre de 2019, une récession a commencé dans l’industrie manufacturière en Allemagne, en Italie, au Japon, en Afrique du Sud, en Argentine et dans plusieurs industries aux États-Unis.

La pandémie de coronavirus a été l’élément déclencheur. Tout autre incident grave aurait pu avoir le même effet, comme une guerre ouverte «à chaud» entre les États-Unis et l’Iran ou une intervention militaire américaine au Venezuela. La crise boursière aurait alors été présentée comme une conséquence de la guerre. Là aussi, j’aurais prétendu que la guerre, bien qu’évidemment avec des conséquences horribles, aurait été l’étincelle et non la cause sous-jacente. Ainsi, même s’il existe un lien indéniable entre la crise boursière et la pandémie de coronavirus, cela ne signifie pas que nous ne devons pas appeler le mensonge d’explications simplistes et manipulatrices qui blâment le coronavirus.

Que nous apprend la crise des coronavirus sur l’Union européenne, son fonctionnement et les relations entre les États membres?

L’Union européenne et ses institutions ne sont pas prêtes à faire face à la pandémie de coronavirus: le président du Conseil européen n’a même pas une équipe de dix médecins à envoyer en Italie ou en Espagne. En revanche, l’UE dépense 420 millions d’euros pour Frontex, sa police des frontières suréquipée. L’UE ne dispose pas d’hôpitaux de campagne, de ventilateurs de rechange ou de masques faciaux pour aider un État membre. D’autre part, il peut s’appuyer sur des drones européens pour espionner les personnes qui cherchent désespérément l’asile. Et ces gens meurent par milliers en Méditerranée chaque année. Heureusement, Cuba a envoyé 50 médecins internationalistes pour aider le peuple italien. Nous devons raviver l’internationalisme entre les peuples.

Vous êtes particulièrement préoccupé par la situation dans le «tiers-monde». Quels domaines vont être les plus touchés? Les pays producteurs de pétrole? Les pays très endettés?

Tous les habitants du «Sud global» sont victimes de la crise multidimensionnelle du système capitaliste mondial. La pandémie de coronavirus est un problème de santé publique extrêmement grave et les souffrances humaines causées par la propagation du virus sont énormes. Il a commencé à frapper massivement les pays du Sud, où les systèmes de santé publique ont été minés par quarante ans de politiques néolibérales, entraînant un nombre de morts prévisible élevé. Utilisant le prétexte de l’austérité budgétaire pour rembourser leur dette publique, les gouvernements et les grandes institutions multilatérales telles que la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) ont imposé des politiques qui ont entraîné une détérioration des systèmes de santé publique partout.

Les pays du Sud sont confrontés à une nouvelle crise de la dette, leurs revenus d’exportation baissent car les prix des matières premières chutent alors que le montant de la dette à rembourser est énorme. S’ils veulent faire face à la pandémie de Covid19, ils doivent suspendre le paiement de leur dette publique et utiliser l’argent pour leurs services de santé publique.

Que devrions nous faire?

Nous devons nous battre pour mettre en œuvre un vaste programme anticapitaliste qui comprend une série de mesures de base telles que la suspension des remboursements de la dette publique suivie de l’annulation de la dette illégitime, qu’elle soit publique ou privée; exproprier les principaux actionnaires des banques sans compensation afin de créer un véritable service public de l’épargne, du crédit et de l’assurance sous contrôle citoyen; fermeture des marchés boursiers; la mise en place d’un véritable service national de santé gratuit; exproprier sans compensation les grandes sociétés pharmaceutiques et les laboratoires de recherche privés et les transformer en services publics sous la surveillance des citoyens; exproprier sans compensation des entreprises du secteur de l’énergie (pour permettre la planification des efforts de lutte contre la crise environnementale) et plusieurs autres mesures radicales dont des mesures d’urgence pour améliorer immédiatement le niveau de vie de la majorité de la population. Nous devons abroger les accords de libre-échange et relocaliser la production autant que possible, en donnant la priorité à la production en court-circuit.

La réponse nécessaire à la pandémie de coronavirus doit être l’occasion de tendre vers une véritable révolution pour changer radicalement la société – son mode de vie, son mode de propriété et son mode de production. Cette révolution ne se produira que si les victimes du système commencent à s’auto-organiser pour expulser les 1% et leurs laquais des différents centres de pouvoir pour créer un véritable pouvoir démocratique. Une révolution autogérée, féministe, écologico-socialiste est nécessaire.

Traduit par Vicki Briault et Christine Pagnoulle, CADTM

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Avec Attac France : Il n’y aura pas de plan B ! (Les Possibles printemps 2020)

https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-23-printemps-2020/article/editorial-il-n-y-aura-pas-de-plan-b?pk_campaign=Infolettre-2408&pk_kwd=editorial-il-n-y-aura-pas-de-plan

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Prem Sikka: Demander aux banques de distribuer de l’argent aux entreprises, c’est comme demander à Dracula de distribuer du sang

Les banques ont l’habitude d’abuser des petites entreprises.

Les principales économies du monde sont aux prises avec le coronavirus et ses effets économiques. Des millions de travailleurs ont été licenciés et de nombreuses entreprises comptent sur l’État pour leur soutien et leur survie jusqu’à ce que l’économie reprenne. Dans cette morosité, il y a un gagnant certain: les banques.

Le gouvernement britannique offre plus de 330 milliards de livres sterling de prêts et de garanties, y compris des prêts sans intérêt pouvant aller jusqu’à 5 millions de livres sterling pendant 12 mois, pour aider les entreprises. Les prêts sont administrés par une quarantaine de prêteurs agréés , en fait de grandes banques.

La plupart des prêteurs agréés ont des antécédents de pratiques contraires à l’éthique et de corruption . Leur imprudence causée par la situation financière 2007-08. Ils ont truqué les taux d’intérêt et de change et se sont livrés à des délits d’initiés. Ils ont mal vendu des produits financiers, tels que des hypothèques, des obligations d’investissement, des fiducies de placement à capital fractionné, des obligations précipitées, des swaps de taux d’intérêt, des pensions personnelles auto-investies, une assurance de protection des paiements et des conseils de transfert de pension, pour n’en citer que quelques-uns. Ils ont participé à l’évasion fiscale et à divers flux financiers illicites . Rien n’indique que les amendes aient affaibli leur appétit pour les pratiques d’éviction.

Les banques ont l’habitude de maltraiter les emprunteurs, en particulier les petites et moyennes entreprises. En commentant la longue saga des fraudes à la  Royal Bank of Scotland (RBS) et sa division de redressement Global Restructuring Group (GRG) , le Comité du Trésor de la Chambre des communes a   conclu : «La priorité absolue à tous les niveaux de GRG n’était pas la la santé et la force des clients, mais la génération de revenus pour RBS, par le biais de frais compensés, de taux d’intérêt élevés et de l’acquisition de capitaux propres et de biens immobiliers ». Il a ajouté que: «Les actions du personnel de GRG ont semé une misère incalculable sur les propriétaires d’entreprise qui travaillent dur, détruisant de manière téméraire les moyens de subsistance à la recherche du profit.»

Malgré l’obstruction des autorités de réglementation, le commissaire de police et du crime (PCC) de Thames Valley a obtenu six condamnations pénales pour fraude à  HBOS (qui fait partie du Lloyds Banking Group) .

Le PCC a déclaré que des fraudes de près d’un milliard de livres sterling «perpétrées par des banquiers au sein de HBOS, avec une collusion considérable avec d’autres organisations financières et sociétés apparentées» ont entraîné la ruine d’un grand nombre d’entreprises et la vie et les moyens de subsistance de leurs propriétaires et de ceux qui travaillaient avec les étant détruits.

Il a ajouté: «Ils ont été poursuivis pour leurs garanties personnelles et ont perdu leurs maisons et leurs biens alors que la banque et ses avocats les poursuivaient pour tout ce qu’ils possédaient. Des familles se sont séparées, des mariages ont été ruinés et des suicides ont eu lieu ».

Certaines banques ont contrefait des documents judiciaires pour reprendre possession des biens des emprunteurs. Les régulateurs continuent de singer les trois singes imprudents.

Demander aux banques qui ont des antécédents de corruption de nourrir les PME, sans aucune garantie, revient à inviter Dracula à superviser la distribution de l’approvisionnement en sang.

Certains signes inquiétants sont déjà là. Le taux de base bancaire est à son plus bas niveau historique de 0,1% et les législateurs ont déclaré que les prêteurs devraient proposer des prêts à des taux d’intérêt plus proches de 1% à 4%. Mais ce n’est pas ce que font les banques.

Un entrepreneur a déclaré: «Les prêts garantis par le gouvernement vont de 25 000 à 5 millions de livres sterling». « On nous a offert un produit financier de leur part, un autre prêt qui ne fait pas partie du paquet coronavirus ». «C’est pour un montant pouvant aller jusqu’à 24 999 £, mais atteindra jusqu’à 22% d’intérêt, ce qui ferait initialement faillir mon entreprise».

Il a été invité à emprunter contre sa maison et a demandé pourquoi il lui était demandé de le faire. Certaines banques ont exigé des garanties personnelles de la part des administrateurs pour obtenir un financement d’urgence soutenu par le gouvernement. Des pratiques similaires sont également rencontrées par d’ autres entrepreneurs .

Les gouvernements ont toujours des choix. Le fait qu’ils négligent certaines options politiques est révélateur de leurs idéologies auto-imposées. Après le krach de 2007-2008, le gouvernement a renfloué les banques et aurait pu en conserver certaines dans la propriété publique et les utiliser pour diriger les investissements régionaux et nationaux et reconstruire l’économie. Au lieu de cela, ils ont été pour la plupart (re) privatisés. 

Rien n’empêche l’État de distribuer directement son aide ou de former une ou plusieurs banques pour acheminer l’aide financière à travers elles. Ces entités supprimeraient la participation des banques en infraction et garantiraient que le soutien financier du gouvernement, comme prévu, est mis à la disposition des entreprises.

Une banque publique serait soumise au contrôle parlementaire. Ses dirigeants ne seraient pas obsédés par le maintien du cours de l’action ou la hausse des bénéfices par le biais de pratiques douteuses pour garantir des primes liées aux performances. Leur performance serait jugée par la façon dont ils ont mis en œuvre la politique gouvernementale. Pourtant, ce n’est pas sur le radar du gouvernement.

Le soutien de 330 milliards de livres sterling du gouvernement et le piégeage éventuel de nombreuses entreprises permettront aux banques de réaliser des super profits. Il s’agirait effectivement de ressources détournées des entreprises en difficulté vers les banques, leurs dirigeants et leurs actionnaires.

Le gouvernement doit lever des taxes exceptionnelles sur les banques pour s’assurer qu’elles ne bénéficient pas de pratiques d’éviction. Cela doit s’accompagner de changements dans leur gouvernance avec des sièges pour les employés et les clients ou leurs conseils d’administration. Ils devraient voter sur la rémunération des cadres pour contrôler les impulsions égoïstes. 

Malheureusement, le gouvernement est plus susceptible d’apaiser le secteur bancaire et de ne rien faire. Un flux de scandales suivra certainement.

Prem Sikka est professeur de comptabilité à l’Université de Sheffield et professeur émérite de comptabilité à l’Université d’Essex. Il est rédacteur collaborateur de LFF et tweets  ici .

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Appel conjoint germano-italien aux gouvernements: la solidarité européenne exige des liens communs

Aujourd’hui, un appel conjoint a été publié par des personnalités allemandes et italiennes de la politique, des affaires, de la science, des sports et de la culture. L’appel comprend quatre demandes adressées aux institutions de l’UE et aux États membres pour surmonter la crise corona (y compris les obligations conjointes). Parmi les premiers signataires figurent Mario Monti et Enrico Letta (anciens premiers ministres italiens), Hans Eichel (ancien ministre des finances de l’Allemagne) et une longue liste d’économistes de renom italiens et allemands. L’appel «Nous sommes ensemble dans ce domaine» a été lancé par les politiciens verts Sven Giegold, député européen, Franziska Brantner, député européen et Alexandra Geese, députée européenne. 

L’eurodéputé Sven Giegold, porte-parole de la politique économique et financière du groupe Verts / ALE, a déclaré:

«L’Europe est dans une situation critique. La solidarité de la communauté européenne est mise à l’épreuve. La crise de Corona n’a pas été causée par un seul pays. La solidarité européenne doit être la réponse à ce défi commun. La pandémie nous affecte ensemble en tant qu’Européens et nous devons donc la combattre ensemble. Au lieu de l’unité européenne, nous vivons des divisions nationales entre les gouvernements. Une division de l’Europe est la pire réponse à ce défi commun. Le gouvernement allemand approfondit les divisions en Europe. La solidarité européenne signifie une responsabilité politique et financière commune. En refusant les liens communs, le gouvernement allemand refuse la nécessaire solidarité européenne. La position de l’Allemagne sur le programme MES est comprise pour de bonnes raisons en Italie comme un refus de solidarité. Le gouvernement allemand commet une erreur historique qui met la communauté européenne en danger. La responsabilité politique signifie une politique budgétaire commune pour la zone euro. Les gouvernements ne doivent pas transférer leur responsabilité sur la politique monétaire de la BCE. Lors de la réunion de la semaine prochaine des ministres des finances de l’euro, il devrait y avoir un engagement en faveur d’une politique budgétaire commune. Notre appel montre qu’une large alliance germano-italienne n’acceptera pas la division de l’Europe. L’Europe doit être solidaire en ces temps difficiles. Nous sommes ensemble dans cette crise. » Notre appel montre qu’une large alliance germano-italienne n’acceptera pas la division de l’Europe. L’Europe doit être solidaire en ces temps difficiles. Nous sommes ensemble dans cette crise. » Notre appel montre qu’une large alliance germano-italienne n’acceptera pas la division de l’Europe. L’Europe doit être solidaire en ces temps difficiles. Nous sommes ensemble dans cette crise. »

Website: www.weareinthistogether.eu

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Appel conjoint germano-italien aux gouvernements de tous les États membres et aux institutions de l’UE

La solidarité européenne maintenant, dans l’intérêt de tous les États membres

Nous vivons un défi sans précédent pour nous tous en Europe avec l’épidémie de virus Corona. Elle restreint notre liberté de mouvement, exerce une pression énorme sur nos systèmes de santé et cause d’énormes dégâts économiques. De nombreux citoyens européens sont préoccupés par leur santé, leurs proches ainsi que leur avenir économique. L’Italie a été le premier pays européen à être durement touché et a payé un prix très élevé en termes de vies humaines. Les médecins et les infirmières travaillent dans des conditions sans précédent dans les systèmes de santé modernes, sauvant des vies mais risquant les leurs. Tous les Italiens subissent une longue quarantaine avec d’énormes sacrifices personnels et font face à la pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans le même temps, l’Italie aide d’autres pays à prévenir des souffrances similaires en sensibilisant à la gravité de la menace.

Surtout au début de la crise, les restrictions nationales à l’exportation d’équipements médicaux désespérément nécessaires et les fermetures unilatérales des frontières ont fragmenté la réponse européenne à la crise de Corona. Ces réflexes nationaux portent atteinte à la réputation du projet européen au moment même où la coopération européenne est la plus nécessaire. Mais il existe également des exemples importants et inspirants de solidarité européenne lorsque des vies italiennes sont sauvées dans des hôpitaux de Saxe, de Cologne ou de Berlin. L’Europe signifie obtenir des aliments frais des pays voisins malgré la fermeture des frontières. L’Europe, ce sont des équipes de recherche internationales à la recherche d’un vaccin au-delà des frontières nationales.

Mais nous avons besoin de plus de solidarité européenne maintenant. Il s’agit d’un moment crucial pour la coopération en Europe. Nous devons prouver que nous sommes une communauté de valeurs avec un destin commun, travaillant les uns pour les autres dans un monde mondial turbulent. Il est temps de prendre des mesures conjointes courageuses pour surmonter la peur. Il est temps pour l’unité européenne, pas pour la division nationale. Nous appelons donc nos gouvernements à surmonter les anciens schémas de division en Europe et dans la zone euro.

Nous devons fournir une aide médicale d’urgence en soignant les patients des pays particulièrement touchés et surchargés. Si nous mettons en commun nos capacités médicales à l’échelle européenne, nous pouvons sauver plus de vies.

Nous devons coordonner au niveau européen la production et la distribution d’articles de protection tels que masques, vêtements et désinfectants, ainsi que des respirateurs, des produits pharmaceutiques et des tests, afin qu’ils puissent être utilisés là où ils sont les plus urgents. De nombreuses entreprises en Europe convertissent leur production. Nous devons aller au-delà de cela et veiller à ce que l’Europe soit raisonnablement autosuffisante en ce qui concerne les équipements médicaux et les médicaments essentiels.

Nous avons besoin de décisions européennes fortes pour la santé publique et la stabilité économique et financière de tous les États membres de l’UE. Toutes les institutions de l’UE, agissant chacune dans le cadre de leurs mandats respectifs, ainsi que les États membres, doivent se joindre à un effort urgent et convergent, composé de quatre actions clés:

  1. La BCE a adopté d’importantes mesures initiales. Nous devons envoyer des signaux clairs aux marchés financiers que la spéculation contre les différents États membres est inutile. Nous avons besoin d’un bouclier de protection financière complet pour l’Europe et la zone euro.
  2. Ce n’est pas seulement le rôle de la politique monétaire de la BCE mais il appartient aussi aux décisions démocratiques en matière de politique budgétaire. Tous les États membres de la zone euro doivent avoir un accès fiable et à long terme au financement à faible taux d’intérêt rendu possible par la BCE. Par conséquent, nous soutenons l’ouverture immédiate d’une ligne de crédit Santé dans le MES, avec des conditions ciblées pour garantir que les crédits sont utilisés pour des catégories bien définies de programmes liés à la santé, sans aucune conditionnalité supplémentaire.
  3. Mais nous avons également besoin d’un partage des charges, car la crise frappe tous les pays simultanément et aucun pays n’est en crise à cause des mauvais choix de politique économique ou budgétaire du passé, mais à cause d’une terrible pandémie. Comme nous sommes entrés ensemble dans cette crise, nous n’en sortirons que bien ensemble. Nous avons besoin d’un partage des charges, car certains pays risqueraient autrement de ne pas pouvoir dépenser suffisamment pour des projets de santé et un redémarrage rapide des activités économiques. Cela nuirait non seulement au pays concerné, mais mettrait en danger l’ensemble du marché intérieur. Nous appelons donc à l’émission d’obligations européennes de santé, 1000 milliards d’euros ont été proposés par sept économistes allemands, avec un objectif commun clair et défini et soumis à des orientations arrêtées d’un commun accord. Cela permettrait d’assumer la charge ensemble, de manière démocratique.
  4. L’urgence est actuellement de lutter contre la pandémie de coronavirus et ses conséquences immédiates. Nous devons cependant commencer à préparer les mesures nécessaires pour revenir à un fonctionnement normal de nos sociétés et de nos économies et à un développement économique durable, intégrant entre autres la transition verte et la transformation numérique, et tirant toutes les leçons de la crise. Cela nécessitera une stratégie de sortie coordonnée, un plan de relance complet et des investissements sans précédent. Nous invitons le président de la Commission et le président du Conseil européen, en coopération avec le Parlement européen et en consultation avec d’autres institutions, en particulier la BCE, à entamer les travaux sur un plan d’action à cette fin.

Ce n’est pas le moment de nous laisser diviser. C’est le moment de rester unis et de lutter pour un avenir meilleur et commun.

Premier signataire

Gian-Paolo Accardo, VoxEuropa

Dr. Maria Alexopoulou, Université de Mannheim

Soudan Igiaba Ali Oma Scego, Autorin

Prof. (em) Dr. Aleida Assmann, University Const

Prof. Dr. Fabrizio Barca, économiste, ministre aD

Prof. Dr. Michael Bauer, Université de Hambourg

Dr. Lorenzo Bini Smaghi, Senior Fellow LUISS School of Political Economy, Rome

Prof. Dr. Tito Boeri, Bocconi Universität, annonce INPS-Präsident  

Prof. Dr. Peter Bofinger, Université de Würzburg

Angelo Bonelli, Europe verte

Emma Bonino, ministre et ministre, commissaire ….

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Pour renflouer les banques, utilisons leurs dividendes (Aline Fares)

Pour renflouer les banques et grandes entreprises : utilisons leurs dividendes

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COVID-19: Les femmes à l’avant et au centre

Déclaration de Phumzile Mlambo-Ngcuka, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies et Directrice exécutive d’ONU Femmes

Date: vendredi 20 mars 2020

Une chose est claire à propos de la pandémie de COVID-19, alors que les marchés boursiers s’effondrent, les écoles et les universités ferment, les gens stockent des fournitures et la maison devient un espace différent et bondé: ce n’est pas seulement un problème de santé. C’est un choc profond pour nos sociétés et nos économies, révélant les carences des arrangements publics et privés qui ne fonctionnent actuellement que si les femmes jouent des rôles multiples et sous-payés.

Nous saluons les efforts des gouvernements qui prennent des mesures extraordinaires pour arrêter la propagation des infections. Et le leadership fort, de la base au chef de l’État, apportant une réponse bien ciblée, de la chancelière Merkel et du Premier ministre Solberg adressant les inquiétudes nationales, au Premier ministre Ardern mettant en avant le bien-être dans ses mesures économiques.

Lorsque les enfants ne sont pas scolarisés, les mères à la maison peuvent encore travailler, mais beaucoup sont également devenues enseignantes et dispensatrices de soins, ce qui a des conséquences pour celles qui occupaient auparavant ces postes. Pour les 8,5 millions de travailleuses domestiques migrantes, souvent sous contrat précaire, la perte de revenu affecte également leurs personnes à charge chez elles. Les femmes professionnelles comme la mère de deux enfants sud-coréenne Sung So-young signalent le dilemme de devoir retourner au bureau, mais doivent y renoncer pour permettre au travail continu de leurs partenaires les mieux rémunérés. À mesure que les écoles ferment dans de plus en plus de pays, le nombre de mères confrontées à ce problème dans le monde augmente et les conséquences s’accumulent.

À la mi-mars, il y avait 207 855 cas confirmés dans 166 pays, régions ou territoires. Cependant, sans données ventilées par sexe, ces chiffres ne nous donnent qu’une partie de l’histoire de l’impact sur les femmes et les hommes. Nous avons besoin de beaucoup plus de données ventilées par sexe pour nous dire comment la situation évolue, y compris sur les différents taux d’infection, les impacts économiques différentiels, la charge de soins différentielle et l’incidence de la violence domestique et des abus sexuels. 

Même sans cela, l’expérience des précédentes épidémies majeures nous indique des points forts et des vulnérabilités spécifiques que nous pouvons rechercher et être proactifs pour protéger. Lorsque les gouvernements ou les entreprises mettent en place une protection du revenu, cela peut atténuer ces dilemmes, maintenir les revenus et éviter de plonger les ménages dans la pauvreté. Cette réponse doit également inclure celles de l’économie informelle, où la plupart des femmes qui travaillent en dehors de la maison gagnent leur vie. Il est préférable que cette protection sociale s’adresse spécifiquement aux femmes.

L’épidémie d’Ebola de 2014-2016 dans les pays d’Afrique de l’Ouest, la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, et l’épidémie de Zika 2015-2016 en Amérique latine fournissent des leçons de santé publique et socioéconomiques essentielles et sexospécifiques. Les femmes dans ces épidémies étaient exposées à des risques à la fois sanitaires et économiques, comme elles le sont encore aujourd’hui, de manière intrinsèquement liée à leur rôle dans la communauté et à leurs responsabilités d’aidantes au foyer et dans la famille.

Par exemple, les infections à Ebola et à Zika sont potentiellement catastrophiques pour les femmes enceintes. Pourtant, lors des deux flambées précédentes, l’accès aux services de planification familiale était très limité, et les femmes enceintes et allaitantes étaient exclues de la vaccination contre les virus. Cela souligne l’importance de services de santé maternelle soutenus pour éviter une résurgence des décès liés à la naissance et un accès égal pour les femmes au développement et à l’utilisation de tous les produits médicaux, y compris les vaccins une fois produits.

Au Libéria, 85% des commerçants quotidiens du marché sont des femmes. Leurs moyens de subsistance et leur sécurité économique ont souffert car les restrictions de voyage liées à Ebola ont limité le commerce et affecté les denrées périssables. À l’époque, en collaboration avec la Banque centrale du Libéria, nous pouvions aider des milliers de femmes commerçantes transfrontalières à sauver et à développer leur entreprise grâce à des transferts monétaires via la technologie mobile. Cela souligne l’importance de regarder vers l’avenir le rôle des femmes dans les mesures de rétablissement et l’utilisation innovante de la technologie pour résoudre les problèmes.

C’est le moment pour les gouvernements de reconnaître à la fois l’énormité de la contribution des femmes et la précarité d’un si grand nombre. Cela comprend un accent sur les secteurs où les femmes sont surreprésentées et sous-payées, telles que les salariées journalières, les propriétaires de petites entreprises, celles qui travaillent dans les secteurs du nettoyage, des soins, de la caisse et de la restauration et dans l’économie informelle.

À l’échelle mondiale, les femmes représentent 70% des travailleurs de première ligne dans le secteur sanitaire et social, comme les infirmières, les sages-femmes, les femmes de ménage et les blanchisseuses. Nous avons besoin de stratégies d’atténuation qui ciblent spécifiquement les impacts sanitaires et économiques de l’épidémie de COVID-19 sur les femmes et qui soutiennent et renforcent la résilience des femmes, comme nous l’avons vu au Libéria et ailleurs. Et pour que ces réponses soient aussi bien conçues que possible, les femmes doivent être pleinement impliquées dans leur création, être des bénéficiaires prioritaires de l’aide et des partenaires dans l’élaboration de solutions à plus long terme.

Nous apprenons chaque jour davantage de l’arc de la pandémie en Chine. Nous y avons travaillé en étroite collaboration avec les dirigeants des pays dans le cadre de la réponse collective des Nations Unies. Des campagnes conjointes ont atteint 1 milliard de personnes, avec des communications qui sensibilisent par le biais d’informations sur la santé publique, combattent la stigmatisation et la discrimination, reflètent les besoins spécifiques des femmes, promeuvent le leadership et les contributions des femmes et élaborent des plans de relance qui relient l’égalité, la santé et l’économie.

Je suis fière que notre équipe d’ONU Femmes ait été là à chaque étape du chemin, en veillant à l’accès à des informations sensibles au genre et en collaborant avec des agences sœurs comme l’UNFPA qui a mobilisé un soutien pour les femmes enceintes et des conditions sûres pour l’accouchement. Nous travaillons également avec des organisations de femmes du monde entier, par exemple avec les réfugiés rohingyas de Cox’s Bazar (Bangladesh) où les femmes, en particulier dans des environnements très ségrégués, peuvent manquer d’informations critiques. Ici, les femmes se sont organisées en un réseau qui éduque les femmes et les filles à rester en sécurité et à éviter les infections.

Nous tous engagés dans cet effort, que ce soit dans le secteur public ou privé, devons adopter une approche coordonnée et centrée sur les personnes pour renforcer rapidement les capacités des systèmes de santé dans les pays développés et en développement, en faisant un effort conscient pour placer les femmes au centre des préoccupations. Par exemple, en créant un meilleur accès à un équipement de protection individuelle approprié pour les soignants à domicile et en supprimant les obstacles à leur travail, en promouvant des modalités de travail flexibles et en assurant l’approvisionnement en produits d’hygiène menstruelle. Ces besoins sont encore plus importants pour les zones sous verrouillage ou en quarantaine. Il en va de même pour les considérations de violence sexiste qui sont exacerbées par ces conditions, mais qui ne reçoivent peut-être pas l’attention dont elles ont besoin, dans le cadre de la riposte à la pandémie.

La violence contre les femmes est déjà une épidémie dans toutes les sociétés, sans exception. Chaque jour, en moyenne, 137 femmes sont tuées par un membre de leur propre famille. Nous savons également que les niveaux de violence domestique et d’exploitation sexuelle augmentent lorsque les ménages sont soumis à des tensions accrues qui résultent de problèmes de sécurité, de santé et d’argent, et de conditions de vie exiguës et confinées. Nous le constatons fréquemment parmi les populations déplacées dans les camps de réfugiés surpeuplés; et la violence familiale signalée a triplé récemment dans certains pays pratiquant la distanciation sociale.

La cyberviolence est également devenue une caractéristique courante d’Internet, et comme les restrictions de mouvement augmentent les jeux en ligne et l’utilisation des salles de chat, c’est un domaine de vigilance pour protéger les filles. Les filles peuvent également intensifier leur propre travail de résistance dans ce domaine et diriger des solutions de médias sociaux. En Chine, le hashtag #AntiDomesticViolenceDuringEpidemic a pris son envol, contribuant à exposer la violence comme un risque pendant le verrouillage et lié aux ressources en ligne.

COVID-19 nous offre la possibilité d’une action radicale et positive pour corriger les inégalités de longue date dans plusieurs domaines de la vie des femmes. Il y a place non seulement pour l’endurance, mais aussi pour la reprise et la croissance. Je demande aux gouvernements et à tous les autres prestataires de services, y compris le secteur privé, de saisir cette occasion pour planifier leur réponse à COVID-19 comme ils ne l’ont jamais fait auparavant, et de prendre pleinement en compte une perspective de genre, en intégrant de manière proactive l’expertise en genre dans les équipes d’intervention et en intégrant le genre dimensions des plans d’intervention. Par exemple, inclure un financement supplémentaire pour les refuges pour femmes afin qu’elles puissent subvenir aux besoins des femmes qui ont besoin d’échapper à des relations violentes, et cibler le soutien économique et les renflouements spécifiquement dans les secteurs du commerce de détail, de l’hôtellerie et des petites entreprises où les femmes sont principalement employées dans des contrats précaires, le cas échéant

Tout cela a besoin de financement; les organisations qui répondent à COVID-19 ont besoin de ressources budgétaires pour l’égalité des sexes et l’inclusion sociale et j’exhorte les donateurs à l’inclure dans leur soutien, considérant cela comme un élément constant et fortement positif à inclure dans les budgets de développement et à renforcer plutôt qu’à réduire le soutien aux mesures d’égalité des sexes. Les organisations au service des femmes ont besoin d’aide pour renforcer leur réponse et se préparer à la reprise. Cela nécessite des ressources qui manquent à de nombreuses organisations. Nous appelons les bailleurs de fonds à renforcer leur soutien aux femmes plutôt que d’adopter une approche d’austérité. Une réponse globale et coordonnée de l’ampleur qui a suivi la crise financière est nécessaire, construite dans une optique de genre et pleinement inclusive.

C’est une période de prise en compte de nos valeurs nationales et personnelles et une reconnaissance de la force de la solidarité pour les services publics et la société dans son ensemble. C’est l’occasion de reconstruire des sociétés meilleures, plus fortes, plus résilientes et égales. C’est le moment d’une priorisation audacieuse. Prendre les bonnes mesures dès maintenant en vue d’un avenir restauré pourrait apporter à la fois soulagement et espoir aux femmes du monde.

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Dès maintenant!

 
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Dhruvi Acharya. – «Reasoning» (Raisonnement), 2015
© Dhruvi Acharya – www.dhruvi.com

Une fois cette tragédie surmontée, tout recommencera-t-il comme avant? Depuis trente ans, chaque crise a nourri l’espérance déraisonnable d’un retour à la raison, d’une prise de conscience, d’un coup d’arrêt. On a cru au confinement puis à l’inversion d’une dynamique sociopolitique dont chacun aurait enfin mesuré les impasses et les menaces (1). La débandade boursière de 1987 allait contenir la flambée des privatisations; les crises financières de 1997 et de 2007-2008, faire tituber la mondialisation heureuse. Ce ne fut pas le cas.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont à leur tour suscité des réflexions critiques sur l’hubris américaine et des interrogations désolées du type : «Pourquoi nous détestent-ils?» Cela n’a pas duré non plus. Car, même quand il chemine dans le bon sens, le mouvement des idées ne suffit jamais à dégoupiller les machines infernales. Il faut toujours que des mains s’en mêlent. Et mieux vaut alors ne pas dépendre de celles des gouvernants responsables de la catastrophe, même si ces pyromanes savent minauder, faire la part du feu, prétendre qu’ils ont changé. Surtout quand — comme la nôtre — leur vie est en danger.

La plupart d’entre nous n’avons connu directement ni guerre, ni coup d’État militaire, ni couvre-feu. Or, fin mars, près de trois milliards d’habitants étaient déjà confinés, souvent dans des conditions éprouvantes; la plupart n’étaient pas des écrivains observant le camélia en fleur autour de leur maison de campagne. Quoi qu’il advienne dans les prochaines semaines, la crise du coronavirus aura constitué la première angoisse planétaire de nos existences : cela ne s’oublie pas. Les responsables politiques sont contraints d’en tenir compte, au moins partiellement (lire «Jusqu’à la prochaine fin du monde…»).

L’Union européenne vient donc d’annoncer la «suspension générale» de ses règles budgétaires; le président Emmanuel Macron diffère une réforme des retraites qui aurait pénalisé le personnel hospitalier; le Congrès des États-Unis envoie un chèque de 1 200 dollars à la plupart des Américains. Mais déjà, il y a un peu plus de dix ans, pour sauver leur système en détresse, les libéraux avaient accepté une hausse spectaculaire de l’endettement, une relance budgétaire, la nationalisation des banques, le rétablissement partiel du contrôle des capitaux. Ensuite, l’austérité leur avait permis de reprendre ce qu’ils avaient lâché dans un sauve-qui-peut général. Et même de réaliser quelques «avancées» : les salariés travailleraient plus, plus longtemps, dans des conditions de précarité accrues; les «investisseurs» et les rentiers paieraient moins d’impôts. De ce retournement, les Grecs ont payé le plus lourd tribut lorsque leurs hôpitaux publics, en situation de détresse financière et à court de médicaments, observèrent le retour de maladies qu’on croyait disparues.

Ainsi, ce qui au départ laisse croire à un chemin de Damas pourrait déboucher sur une «stratégie du choc». En 2001, déjà, dans l’heure qui suivit l’attentat contre le World Trade Center, la conseillère d’un ministre britannique avait expédié ce message à des hauts fonctionnaires de son ministère : «C’est un très bon jour pour faire ressortir et passer en douce toutes les mesures que nous devons prendre.»

Elle ne pensait pas forcément aux restrictions continues qui seraient apportées aux libertés publiques au prétexte du combat contre le terrorisme, moins encore à la guerre d’Irak et aux désastres sans nombre que cette décision anglo-américaine allait provoquer. Mais une vingtaine d’années plus tard, il n’est pas nécessaire d’être poète ou prophète pour imaginer la «stratégie du choc» qui se dessine.

Corollaire du «Restez chez vous» et de la «distanciation», l’ensemble de nos sociabilités risquent d’être bouleversées par la numérisation accélérée de nos sociétés. L’urgence sanitaire rendra encore plus pressante, ou totalement caduque, la question de savoir s’il est encore possible de vivre sans Internet (2). Chacun doit déjà détenir des papiers d’identité sur lui; bientôt, un téléphone portable sera non seulement utile, mais requis à des fins de contrôle. Et, puisque les pièces de monnaie et les billets constituent une source potentielle de contamination, les cartes bancaires, devenues garantie de santé publique, permettront que chaque achat soit répertorié, enregistré, archivé. «Crédit social» à la chinoise ou «capitalisme de surveillance», le recul historique du droit inaliénable de ne pas laisser trace de son passage quand on ne transgresse aucune loi s’installe dans nos esprits et dans nos vies sans rencontrer d’autre réaction qu’une sidération immature. Avant le coronavirus, il était déjà devenu impossible de prendre un train sans décliner son état-civil; utiliser en ligne son compte en banque imposait de faire connaître son numéro de téléphone portable; se promener garantissait qu’on était filmé. Avec la crise sanitaire, un nouveau pas est franchi. À Paris, des drones surveillent les zones interdites d’accès; en Corée du Sud, des capteurs alertent les autorités quand la température d’un habitant présente un danger pour la collectivité; en Pologne, les habitants doivent choisir entre l’installation d’une application de vérification de confinement sur leur portable et des visites inopinées de la police à leur domicile (3). Par temps de catastrophe, de tels dispositifs de surveillance sont plébiscités. Mais ils survivent toujours aux urgences qui les ont enfantés.

Les bouleversements économiques qui se dessinent consolident eux aussi un univers où les libertés se resserrent. Pour éviter toute contamination, des millions de commerces alimentaires, de cafés, de cinémas, de libraires ont fermé dans le monde entier. Ils ne disposent pas de service de livraison à domicile et n’ont pas la chance de vendre des contenus virtuels. La crise passée, combien d’entre eux rouvriront, et dans quel état? Les affaires seront plus souriantes en revanche pour des géants de la distribution comme Amazon, qui s’apprête à créer des centaines de milliers d’emplois de chauffeur et de manutentionnaire, ou Walmart, qui annonce le recrutement supplémentaire de 150 000 «associés». Or qui mieux qu’eux connaît nos goûts et nos choix? En ce sens, la crise du coronavirus pourrait constituer une répétition générale qui préfigure la dissolution des derniers foyers de résistance au capitalisme numérique et à l’avènement d’une société sans contact (4).

À moins que… À moins que des voix, des gestes, des partis, des peuples, des États ne perturbent ce scénario écrit d’avance. Il est courant d’entendre : «La politique, ça ne me concerne pas.» Jusqu’au jour où chacun comprend que ce sont des choix politiques qui ont obligé des médecins à trier les malades qu’ils vont tenter de sauver et ceux qu’ils doivent sacrifier. Nous y sommes. La chose est encore plus vraie dans les pays d’Europe centrale, des Balkans ou d’Afrique qui, depuis des années, ont vu leur personnel soignant émigrer vers des contrées moins menacées ou des emplois plus rémunérateurs. Il ne s’agissait pas, là non plus, de choix dictés par les lois de la nature. Aujourd’hui, sans doute, on le comprend mieux. Le confinement, c’est aussi un moment où chacun s’arrête et réfléchit…

Avec le souci d’agir. Dès maintenant. Car, contrairement à ce que le président français a suggéré, il ne s’agit plus d’«interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde». La réponse est connue : il faut en changer. Dès maintenant. Et puisque «déléguer notre protection à d’autres est une folie», alors cessons de subir des dépendances stratégiques pour préserver un «marché libre et non faussé». M. Macron a annoncé des «décisions de rupture». Mais il ne prendra jamais celles qui s’imposent. Non pas seulement la suspension provisoire, mais la dénonciation définitive des traités européens et des accords de libre-échange qui ont sacrifié les souverainetés nationales et érigé la concurrence en valeur absolue. Dès maintenant.

Chacun sait dorénavant ce qu’il en coûte de confier à des chaînes d’approvisionnement étirées à travers le monde et opérant sans stocks le soin de fournir à un pays en détresse les millions de masques sanitaires et produits pharmaceutiques dont dépend la vie de ses malades, de son personnel hospitalier, de ses livreurs, de ses caissières. Chacun sait aussi ce qu’il en coûte à la planète d’avoir subi les déforestations, les délocalisations, l’accumulation des déchets, la mobilité permanente — Paris accueille chaque année trente-huit millions de touristes, soit plus de dix-sept fois son nombre d’habitants, et la municipalité s’en réjouit…

Désormais, le protectionnisme, l’écologie, la justice sociale et la santé ont partie liée. Ils constituent les éléments-clés d’une coalition politique anticapitaliste assez puissante pour imposer, dès maintenant, un programme de rupture.

Serge Halimi

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Black Rock et Luxfer :

Voici, pour diffusion et publication, un article sur la seule usine en Europe pouvant fabriquer des bouteilles d’oxygène cruciales en temps de crise sanitaire, Luxfer. Détenue par des fonds tel BlackRock, celle-ci reste à l’arrêt en pleine pénurie de matériel médical. Les employés réclament la nationalisation « totale et définitive » de l’entreprise et le redémarrage immédiat de la production pour faire face à la crise du COVID-19. Voir également la pétition en ligne

Cet article a été publié en français sur Le Courrier et est également disponible en espagnol et anglais.

Bon courage à tous-tes,

Jérôme Duval (CADTM)

Le Courrier : Oxygène confisquéhttps://lecourrier.ch/2020/03/29/oxygene-confisque/

El Salto: La única fábrica de botellas de oxígeno de Europa está parada y Macron no la quiere nacionalizar https://www.elsaltodiario.com/coronavirus/luxfer-gerzatla-fabrica-botellas-oxigeno-europa-parada-macron-nacionalizar

CounterPunch: The Only Oxygen Cylinder Factory in Europe is Shut down and Macron Refuses to Nationalize It https://www.counterpunch.org/2020/03/27/the-only-oxygen-cylinder-factory-in-europe-is-shut-down-and-macron-refuses-to-nationalize-it/

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Témoignage Chrétien (France) – https://www.temoignagechretien.fr/le-coronavirus-sort-les-sans-abri-de-la-rue/

La menace du Covid-19 et les premiers jours de confinement ont aggravé le sort des gens qui vivent dans la rue. Mais les associations caritatives sont en train d’y remédier en redéployant leur action. Et, surtout, l’État et les collectivités locales débloquent des moyens inédits. Au final, bon nombre d’entre eux pourraient provisoirement être mis à l’abri.

Champ-de-Mars, Paris, jeudi 19 mars : malgré une belle matinée de printemps précoce annonciatrice du retour des beaux jours, Emil, un Roumain quadragénaire qui descend des bières sur un banc avec deux compagnons d’infortune, s’inquiète de l’avenir : « On a moins de distribution de nourriture et, surtout, on n’a plus accès aux toilettes publiques. C’est ça le plus dur. » Avec la fermeture de la plupart des magasins, bars et restaurants, des bains-douches municipaux dans certaines villes – mais pas à Paris –, des parcs publics et squares disposant de fontaines, les sans-abri doivent aussi marcher davantage pour trouver un point d’eau ou un commerçant qui accepte de leur rendre de menus et précieux services, comme le rechargement du téléphone portable. La manche ne rapporte plus grand-chose depuis la mise en place du confinement, qui vide les rues. Le lien social avec le voisinage, qui aide d’ordinaire les SDF à tenir, se distend.

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Battre le fer quand il est chaud et tant qu’il en est encore temps ? 

( LEF) – https://www.lef-online.be/index.php?option=com_content&view=article&id=20732&Itemid=999

Dans De Standaard du 28 mars 2020, Ruud Goosens titre ainsi son article. Il constate que les partisans de la ligne dure néolibérale abandonnent maintenant la discipline budgétaire et nationalisent les services publics précédemment privatisés à un rythme record. Johnson prend en charge les chemins de fer pendant 6 mois et en Espagne tous les hôpitaux privés ont été nationalisés. Même notre Johan Van Oververtveldt (ancien ministre des Finances N-VA) pense qu’on ne doit pas être mesquin aujourd’hui.

C’est curieux dans la bouche d’un économiste qui a trafiqué Milton Friedman, pionnier du néolibéralisme, dont les idées ont été mises en pratique au Chili après le coup d’État de Pinochet en 1973. Ronald Reagan et Margaret Thatcher- arrivés au pouvoir d’une manière moins brutale il y a environ 40 ans- rêvaient d’un gouvernement minimal.

L’idéologie néolibérale a été adoptée dans de nombreuses parties du monde. En Belgique, le gouvernement Martens-Gol a repris cette tendance en 1982 en réduisant, entre autres, les recettes fiscales, en fractionnant les revenus qui ne proviennent pas du travail et en supprimant les barèmes fiscaux les plus élevés. Depuis lors, les gouvernements successifs ont veillé à ce que les épaules les plus fortes soient de moins en moins taxées. En outre, la baisse des recettes a été quelque peu compensée par une hausse des taxes à la consommation (e.a. la TVA), qui pèsent sur les épaules les plus faibles. En d’autres termes, dans le jargon des fiscalistes : moins de progressivité et plus de régressivité fiscale.

La coalition suédoise, avec Van Overtveldt à la tête des finances, a intensifié le rythme en réduisant l’impôt sur les sociétés et dans le même ordre, en réduisant la contribution patronale à la sécurité sociale de 33% à 25%. Ce qui signifie une saignée annuelle de 5,8 milliards pour la Sécurité sociale.

Les néolibéraux sur la défensive, mais pour combien de temps?

Les opposants aux services publics et à la sécurité sociale se retiennent un peu maintenant. Mais pour combien de temps ?
Une fois la crise corona terminée et la facture présentée, ils sortiront sans doute avec prudence des tranchées et les histoires d’économies nécessaires reviendront sur l’avant de la scène.
Possibilités d’une politique sociale progressiste
Les forces progressistes en politique et dans la société civile ont maintenant l’occasion de faire entendre davantage les appels lancés depuis des années en faveur d’impôts équitables et de cotisations sociales et de services publics solides.
Attendre que la crise du Corona soit passée pour faire entendre sa voix de manière forte pour plus de solidarité ne nous semble pas souhaitable.

Il faut battre le fer tant qu’il est chaud !

PS. Dans son allocution de dimanche soir (29 mars) Boris Johnson remercie entre autres les 20.000 retraité du NHS (National Health Service) qui se sont portés volontaire pour aider leurs collègues surchargés. Il termine son discours ainsi: “If this crisis has learned us something, it is that there is such a thing as society” , une claire référence au slogan de Margaret Thatcher: “There is no such thing as society, there are only individuals and their families”.

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Le PROJET ZACHÉE

Mais Zachée se leva et dit à l’Éternel: «Regarde, Seigneur! Ici et maintenant, je donne la moitié de mes biens aux pauvres et si j’ai trompé quelqu’un, je rembourserai quatre fois le montant. » —Luke 19: 8

ZacTax

Objectif

Lancer une campagne sur le modèle de l’histoire transformatrice de Zachée qui plaiderait pour la justice fiscale, s’attaquant aux dettes sociales et écologiques, y compris les réparations pour le colonialisme et l’esclavage, aux niveaux local, national et mondial. La campagne servirait à la fois à éduquer nos églises sur les questions en jeu tout en plaidant pour la justice fiscale et les réparations au plus haut niveau.

Message commun

Zachée est une figure familière aux églises et aux chrétiens. Il était collecteur d’impôts à l’époque de Jésus, allié au système financier et militaire colonial de l’époque de Jésus. Sa rencontre avec Jésus lorsque Jésus s’invite chez Zachée invite Zachée à la conversion, au repentir et à la réparation. Les voies modifiées de Zachée sont des signes des changements nécessaires à nos systèmes afin que, par le fruit de notre travail et de nos richesses, les pauvres soient relevés et ceux qui ont été exploités soient rémunérés.

Le système économique mondial est pécheur et oppressif, générant d’énormes profits pour quelques-uns et la pauvreté pour beaucoup. Ces inégalités sont enracinées dans un système d’asservissement et d’exploitation d’une grande partie de l’humanité ainsi que du monde naturel. Menée par le Conseil œcuménique des Églises, la Communion mondiale des Églises réformées, le Conseil pour la mission mondiale et la Fédération luthérienne mondiale, l’initiative NIFEA considère la justice fiscale et les réparations comme fondamentales pour remettre en cause ce système et créer les bases d’un nouveau système.

Nous ne pouvons ignorer à quel point l’ordre économique actuel est profondément impliqué et redevable au monde façonné par la traite transatlantique des esclaves et aux puissances coloniales qui en ont profité si richement. La traite transatlantique des esclaves, qui a contraint jusqu’à 15 millions de personnes à quitter l’Afrique, a eu des conséquences destructrices sur la production économique, la vie sociale et le tissu écologique de la région, tout en enrichissant les puissances coloniales occidentales. Les institutions financières telles que JP Morgan Chase, Lehman Brothers, Barclays, AIG et Aetna ont leurs origines dans le commerce. Un certain nombre de nations, de mouvements et d’églises ont demandé que les réparations soient un mécanisme important pour réparer les injustices historiques de l’esclavage et les inégalités économiques systématiques persistantes qui sont les séquelles de l’esclavage aujourd’hui.

Notre système et notre prospérité sont également redevables et impliqués dans le changement climatique. Les coûts liés au climat résultant d’une économie consumériste à forte intensité de carbone augmentent, affectant en particulier les petits États insulaires des Caraïbes et du Pacifique ainsi que de nombreuses régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Les principes de la justice climatique exigent que ces coûts ne soient pas supportés par ceux qui contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre et possèdent des ressources limitées pour atténuer, adapter et renforcer la résilience au changement climatique. Les Églises ont donc demandé le transfert des ressources des pays riches vers les pays pauvres ainsi que l’annulation de la dette comme réparation des pertes et dommages irréversibles résultant du réchauffement climatique.

La fiscalité est un outil important pour partager équitablement la richesse au sein des pays et entre eux, ainsi que pour tenir les entreprises et les citoyens responsables de leur responsabilité envers le bien commun, y compris la protection des biens communs écologiques mondiaux. Ce devrait être le mécanisme par lequel l’action réparatrice et réparatrice peut porter ses fruits. Les églises peuvent et doivent jouer un rôle important en encourageant les systèmes fiscaux nationaux et internationaux qui: récompensent le travail et redistribuent les gains, promeuvent la justice de genre et la durabilité écologique, et pénalisent les «maux publics» tels que les activités spéculatives, polluantes et appauvrissant les ressources. Ces systèmes comprendraient, entre autres: des impôts progressifs, des allégements fiscaux pour les pauvres et pour les activités respectueuses de l’environnement, les plus-values ​​et autres impôts sur la fortune, les taxes sur les transactions financières, les taxes sur le carbone,

Notre système financier récompense les auteurs d’injustices en privilégiant le capital. On remarque comment ceux qui ont été indemnisés pour la traite transatlantique des esclaves étaient propriétaires d’esclaves, c’est la France qui a dû être indemnisée par son ancienne colonie Haïti pour émancipation, et ce sont les propriétaires d’esclaves britanniques qui ont reçu des réparations de leur gouvernement. Les réparations n’ont finalement été remboursées qu’en 2015. À la suite de la crise financière de 2007/2008, ce sont les banques transnationales qui ont reçu des plans de sauvetage extrêmement coûteux, bon nombre des mêmes banques qui, comme Lehman et Barclays, ont bénéficié de l’esclavage. Les banques et les systèmes financiers ont reçu des renflouements tandis que des nations et des économies entières ont été contraintes de prendre des mesures d’austérité. Dans les deux cas, les victimes ont été et sont toujours systématiquement ignorées et exclues. Par conséquent,

Le projet appelle donc à un système fiscal et économique mondial qui agit comme Zachée, qui offre l’équité et répare l’exploitation et l’injustice. Au cœur de cette situation se trouve une redistribution des ressources vers les communautés pauvres afin de fournir un bien social et public. En plus de cela, un système Zachée demande des mesures telles que l’annulation de la dette comme réparations pour l’esclavage et la colonisation et pour les pertes et dommages irréversibles résultant du changement climatique.

Le projet Zachée est financé en partie par Otto per Mille, grâce à son soutien à NIFEA.

Image reproduite avec l’aimable autorisation de la Fédération luthérienne mondiale.

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Dans les maisons de repos en Belgique :

https://lasanteenlutte.org/covid-19-situation-dans-les-maisons-de-repos/

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Sortir d’urgence la santé des mains du Marché ! (Le Vif – Belgique)

https://www.levif.be/actualite/belgique/l-europe-face-au-coronavirus-sortir-d-urgence-la-sante-des-mains-du-marche/article-opinion-1269861.html

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Le commentaire du « The Guardian » sur cet échec du Conseil européen : 

https://www.theguardian.com/world/2020/mar/26/eu-leaders-clash-over-economic-response-to-coronavirus-crisis?utm_term=RWRpdG9yaWFsX0J1c2luZXNzVG9kYXktMjAwMzI3&utm_source=esp&utm_medium=Email&CMP=bustoday_email&utm_campaign=BusinessToday

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27 mars 2020 – Sven Giegold (Porte-parole des Verts au parlement européen)

Echec du Conseil européen: signe fatal pour la cohésion de l’Europe!

Hier, les chefs d’État et de gouvernement européens ont tenu une vidéoconférence jusque tard dans la soirée pour discuter des réponses communes à la crise de Corona. En l’absence d’accord entre les États membres de l’UE, ils ont chargé l’Eurogroupe de préparer une réponse de politique budgétaire dans un délai de deux semaines. Cependant, l’Eurogroupe n’a pas pu parvenir à un accord avant le sommet. Dans la perspective du sommet, neuf États membres de l’UE, dont la France, l’Italie et l’Espagne, mais aussi le Luxembourg, l’Irlande et la Slovénie, avaient demandé au président du Conseil de l’UE, Charles Michel, d’introduire des euro-obligations pour financer une réponse commune à la crise. L’Allemagne, la Finlande, l’Autriche et les Pays-Bas l’ont rejeté.

L’eurodéputé Sven Giegold, porte-parole de la politique économique et financière du groupe Verts / ALE, a déclaré:

«Il est irresponsable de laisser le sommet de l’UE échouer dans cette grave crise sanitaire et économique. L’échec est un signe fatal pour la cohésion européenne. Avec une interdiction d’exporter des produits médicaux, l’Allemagne a agi de manière égoïste au début de la crise de Corona. Le rejet des euro-obligations montre que le gouvernement fédéral allemand ne fait pas non plus preuve de solidarité européenne en matière de politique économique. Le virus n’a été causé par aucun État européen et menace également tous les citoyens. Il nous faut désormais également une action budgétaire commune décisive pour lutter contre cette crise. Avec son rejet catégorique de la responsabilité conjointe, le gouvernement fédéral allemand se constitue une population. Sans politique budgétaire commune, il revient à la Banque centrale européenne de sortir les charbons du feu. Cependant, nous sommes également conjointement responsables de l’action de la BCE.

La responsabilité partagée et les grands avantages économiques font également partie de l’union monétaire européenne. Le refus d’une politique budgétaire commune dans la zone euro fait passer les décisions nécessaires du domaine de la démocratie parlementaire au domaine de la politique monétaire indépendante. Le refus du gouvernement allemand d’assumer la responsabilité de la politique européenne transfère tout le fardeau de la gestion des crises sur les épaules de la BCE. L’échec de la réforme de l’Union économique et monétaire européenne ne laisse à la BCE d’autre choix que d’inonder les marchés de liquidités et de laisser les taux d’intérêt au plus bas. Il est également fondamentalement erroné en termes de politique européenne que le gouvernement allemand tienne à nouveau tête à la France. »

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Trois façons dont les fonds du coronavirus du Canada peuvent répondre aux urgences économiques et climatiques

 
Une réponse intelligente à l’urgence du COVID-19 pourrait grandement contribuer à résoudre la crise écologique plus vaste qui se profile à l’horizon
Par Kyla Tienhaara , Chaire de recherche du Canada en économie et environnement, Université Queen’s. Cet article a été initialement publié sur The Conversation.

Le monde est au bord d’un  effondrement économique sans précédent , en tant que mesures extrêmes mais nécessaires pour faire face aux activités de fermeture des pandémies de coronavirus et mettre les gens au chômage.

Les gouvernements de nombreux pays, dont l’  Australie , le  Canada , l’  Allemagne ,  le Royaume-Uni  et les États –  Unis , réagissent par des mesures de relance budgétaire.

Une grande partie de l’accent a été mis à juste titre sur le renforcement de la capacité du secteur de la santé à répondre à la crise et à apporter une aide immédiate aux chômeurs.

Cette première vague de relance sera probablement suivie de nouvelles dépenses publiques, et il n’est pas trop tôt pour réfléchir à la manière dont cet argent devrait être alloué. Comme en 2008 , la dernière fois que le monde a été confronté à une crise économique majeure, les  gouvernements sont  nombreux à prendre des mesures pour créer simultanément des emplois et décarboniser l’économie.

Une réponse intelligente à cette urgence pourrait grandement contribuer à résoudre la crise écologique plus vaste  qui se  profile à l’horizon.

Il y a d’importantes leçons à tirer des  mesures de relance «vertes» adoptées au lendemain de la crise financière mondiale . Bien que bon nombre des investissements de 2008-2009 aient stimulé l’économie, la plupart n’ont pas fait grand-chose pour lutter contre les changements climatiques. Les émissions de gaz à effet de serre ont initialement baissé, en raison d’une activité économique réduite, mais ont  rapidement rebondi en 2010 .

La politique peut expliquer en partie cet échec des efforts de relance verte: le pouvoir joue un grand rôle dans la façon dont l’argent public est dépensé.

Par exemple, le lobby des combustibles fossiles a veillé à ce que  les projets de capture et de stockage de carbone absorbent une quantité importante de fonds de stimulation verte, mais  pas beaucoup de dioxyde de carbone .

Il n’est pas toujours facile non plus d’identifier les investissements à prioriser. Les tentatives de fournir des catégories générales d’investissements «verts» et «bruns» sont vouées à l’échec, car le contexte est tout. Par exemple, un train à grande vitesse n’est un bon investissement environnemental que s’il remplace suffisamment de voyages en avion pour compenser les émissions produites pendant la construction.

Au lieu d’une liste, je propose une version modifiée des « trois T » du stimulus efficace – opportun, ciblé et temporaire – comme recommandé par un certain nombre d’économistes en 2008.

Rapide, mais pas précipité

Les personnes dans le besoin devraient recevoir des fonds de relance aussi rapidement que possible. Cependant, ce ralentissement devrait  durer plusieurs années  et des plans à long terme seront nécessaires.

Malheureusement, l’accent mis sur la ponctualité en 2008-2009 signifiait que les projets bruns prêts à la pelle, comme les investissements dans les routes, avaient la priorité sur les projets verts dignes de la pelle, comme les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies de batterie.

La hâte avec laquelle les gouvernements ont tenté de faire sortir l’argent par la porte a également contribué à la  mauvaise conception des politiques . Et le besoin de rapidité a été utilisé pour soutenir les efforts visant à réduire ou à éliminer les processus réglementaires importants, tels que  les évaluations d’impact environnemental .

À la lumière de cela, le critère opportun devrait être nuancé. Les mesures devraient toujours être opportunes.

Après tout, il y a  autant d’urgence  associée à la lutte contre le changement climatique qu’à tout ralentissement économique.

Mais le respect des délais ne devrait pas avoir la priorité sur une conception appropriée ou le respect des cadres réglementaires qui ont été mis en place pour protéger le public et l’environnement.

Ciblé

Les fonds devraient être destinés principalement aux personnes à faible revenu, car ils sont plus susceptibles de dépenser immédiatement, créant un « effet multiplicateur », car les entreprises sont à leur tour en mesure de dépenser plus. Hormis les retombées économiques, il existe un argument moral plus large   à défendre pour lutter contre les inégalités par le biais des investissements publics.

Cibler les ménages à faible revenu présente également des avantages environnementaux. Par exemple, les familles à faible revenu occupent souvent des maisons les  moins éconergétiques , mais elles ne sont pas en mesure d’apporter des améliorations sans aide. En d’autres termes, cibler les ménages à faible revenu signifie plus de «détonation» environnementale pour chaque «mâle» de relance.

Bien que nous devions conserver ce critère, sa signification devrait également être élargie pour tenir compte de deux questions supplémentaires.

Premièrement, l’argent public devrait être principalement destiné à  des projets publics , par exemple les transports en commun et les projets d’énergies renouvelables communautaires. Il peut y avoir des arguments raisonnables pour que les gouvernements accordent des  prêts concessionnels  et d’autres formes d’assistance aux entreprises privées qui développent ou commercialisent des technologies propres.

Mais, comme l’  a fait valoir l’ économiste  Mariana Mazzucato , dans ces cas, le gouvernement devrait recevoir un retour sur les investissements réussis.

Deuxièmement, les régions les plus durement touchées par le changement climatique, telles que celles sujettes à la sécheresse, aux incendies ou aux inondations, et / ou à l’abandon des combustibles fossiles, comme l’Alberta ou le Midwest, devraient recevoir davantage de soutien. Ici, le concept de « transition juste » est utile.

Pour atteindre cet aspect du critère ciblé, les gouvernements devraient veiller à ce que les syndicats, les employés et les communautés locales participent à l’élaboration et à la mise en œuvre des programmes de relance.

 
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La supervision bancaire de la BCE entraîne un gel des dividendes à l’échelle européenne: les banques devraient s’armer de réserves contre la crise de la corona

L’Autorité bancaire européenne (SSM) a temporairement interdit aux quelque 120 plus grandes institutions de la zone euro vendredi de verser des dividendes et de racheter des actions. Le conseil de surveillance prudentielle a décidé que les banques directement surveillées par la BCE devront reporter les décisions sur l’affectation des bénéfices aux prochaines assemblées générales du printemps jusqu’en octobre. Le MSU est la première autorité de contrôle à émettre des restrictions contraignantes. Plus tôt cette semaine, le régulateur financier allemand BaFin a seulement recommandé de s’abstenir de racheter des actions et de réfléchir à deux fois avant de verser des dividendes et des bonus. En raison de la pandémie corona, de nombreuses entreprises et ménages devraient déposer le bilan dans les prochaines semaines.

Pas plus tard que le 20 mars, le MSU avait décidé de libérer un capital d’environ 120 milliards d’euros et a exhorté les banques « à utiliser les effets positifs de ces mesures pour soutenir l’économie et non pour augmenter les versements de dividendes ou la rémunération variable ». Malgré cela, plusieurs institutions financières ont fait savoir qu’elles souhaitaient conserver les distributions. J’ai ensuite publiquement et au Parlement européen demandé que les banques soient temporairement interdites de verser des dividendes et de racheter leurs propres actions.

Sven Giegold, porte-parole d’Alliance 90 / Les Verts au Parlement européen, explique:

«La décision de la BCE est correcte et nécessaire. Ce n’est pas le bon moment pour les banques de flatter leurs actionnaires ou de maintenir les prix. L’ordonnance de la BCE devrait donner à BaFin l’occasion d’émettre également un gel brutal des dividendes. BaFin est désormais tenu d’assurer une décence uniforme et une concurrence loyale en matière de dividendes avec des règles contraignantes. C’est une bonne chose que l’Europe agisse de manière cohérente lorsque les régulateurs bancaires nationaux portent toujours des gants pour enfants.

Dans toute l’Europe, les régulateurs bancaires ne doivent pas permettre aux banques de réorienter l’assouplissement récent des exigences de fonds propres en distributions généreuses. Alors que l’économie réelle européenne est mise au congélateur, les institutions financières doivent également poursuivre une politique de distribution prudente. Dans cette situation critique, l’argent des contribuables devrait soutenir nos systèmes de santé et l’économie réelle et ne devrait pas avoir à sauver des banques négligentes. Ce n’est qu’une question de temps avant que la pandémie corona n’arrive dans les bilans bancaires et ensuite les instituts pourront utiliser chaque euro en réserves. Dès que la saison des bonus approche à l’automne, une restriction des bonus excessifs doit également être envisagée.

Aujourd’hui, je me réjouis que les demandes vertes soient rapidement devenues une réalité à travers l’Europe. »

Mon appel à une interdiction de dividende au Handelsblatt le 26 mars 2020:
https://www.handelsblatt.com/finanzen/banken-versicherungen/coronakrise-gruene-verlangen-dividenden-verbot-fuer-banken/25685312.html?ticket=ST -76139-eEDpnkeb6gTS2AchHTii-ap3

Restrictions sur les distributions adoptées par la BCE aujourd’hui:
https://www.bankingsupervision.europa.eu/press/pr/date/2020/html/ssm.pr200327~d4d8f81a53.en.html

Décharge des banques décidée par la BCE le 20 mars 2020:
https://www.bankingsupervision.europa.eu/press/pr/date/2020/html/ssm.pr200320~4cdbbcf466.en.html

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Grande-Bretagne – Le groupe de réflexion de la Taxpayers Alliance (TPA), financé secrètement, a déclaré à ses partisans que la «limitation des dépenses» devrait rembourser les dettes du gouvernement contre les coronavirus. (26 mars 2020 – Left Foot Forward)

Dans un e-mail de collecte de fonds adressé à des supporters vus par Left Foot Forward, le TPA a déclaré que les impôts ne devraient pas être augmentés mais que les dépenses publiques devraient être limitées.

Le chef de la direction de la TPA, John O’Connell, a déclaré: «Les niveaux d’endettement devront être rapidement réduits, mais nous devons plaider en faveur de mesures d’accélération de la croissance et d’une limitation des dépenses.»

Ses commentaires ont été critiqués par le leader vert Jonathan Bartley, qui a déclaré que les réductions de dépenses avaient rendu la réponse à la crise des coronavirus plus difficile et que les riches devraient payer plus d’impôts pour rembourser les dettes du gouvernement.

Bartley a déclaré à Left Foot Forward: «La crise des coronavirus a montré de façon frappante comment la réduction des services publics nuit non seulement de manière disproportionnée aux plus pauvres de la société, mais crée également de graves risques et difficultés lorsqu’une crise de cette ampleur frappe.

«Au cours de la dernière décennie, l’austérité a endommagé les services publics sur lesquels nous comptons tous, a causé des dommages importants au bien-être des gens et a en fait nui à l’économie. Il est maintenant temps que ceux qui ont fait de grandes quantités de richesse de notre infrastructure vitale et de notre main-d’œuvre paient leur juste part.

«Plutôt que de suivre un modèle d’austérité qui s’est révélé nocif pour la majorité des gens au Royaume-Uni, un Green New Deal est le seul moyen de redémarrer l’économie et de la rendre plus résiliente pour l’avenir une fois la crise actuelle terminée. . « 

Sarah Olney, porte-parole des libéraux démocrates pour les affaires et le commerce, a ajouté: «Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve, mais les libéraux démocrates sont convaincus que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour intensifier et aider les plus vulnérables. Cela signifie inévitablement des dépenses supplémentaires urgentes du gouvernement central. »

Le TPA ne révèle pas ses bailleurs de fonds, mais en novembre 2018, le Guardian a révélé qu’il avait reçu 100000 USD d’une fiducie religieuse financée par des milliardaires et constituée aux Bahamas.

C’est l’un des neuf groupes de réflexion liés à une adresse dans la Tufton Street à Londres. Il s’agit notamment de l’ Institute of Economic Affairs (IEA) et de la Global Warming Policy Federation refusant le changement climatique .

Plusieurs anciens employés de la TPA et de l’AIE sont maintenant au gouvernement. L’ancienne directrice de campagne de la TPA, Chloe Westley, est désormais conseillère spéciale de Boris Johnson.

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Tax justice and the coronavirus

https://preview.mailerlite.com/l9c7d9/1386188162195263183/m4x1/

The Covid-19 Coronavirus pandemic is, at least on available evidence, striking rich western countries the hardest so far. Lower-income countries will be hit hard too, however: massive capital flight is already underway. And in all societies, as ever, the impacts fall hardest on those who are already marginalised and vulnerable.

But for now, rich countries have an abundance of resources to feed, house and care for all their citizens adequately. The question of how those resources are shared out is a political choice. Tax plays an important role.

Western nations are now in conditions like wartime. (The world is in a kind of war, against an unseen enemy.) Today’s blogger, based in Berlin, isn’t allowed in the streets with more than one companion, without documents to show they’re a family member. In Britain, a standard-bearer for “free” [in reality, rigged] markets, the first nationalisations have begun, and a national lockdown has (belatedly) been ordered. Italian mayors are threatening “to send the police over, with flamethrowers” to people breaking curfew. As workers stay at home to avoid contagion, a shutdown threatens massive job losses: perhaps a fifth of all U.S. workers, on one estimate. A huge global economic crisis looms. And this won’t go away soon.

Governments and societies face colossal economic costs now, as they are confronted by millions of workers losing their jobs and millions of businesses going broke. Old economic orthodoxies are toppling, one by one.

Business as usual is over.

How will societies and economies deal with these costs? First, by accepting that when millions of people stop work, overall economic output must fall. The next question is, who in society will bear the burden, where will they be, and how and when will they bear it? Again, these will be political choices. We can, we must, influence those choices.

Second, governments will massively, suddenly, have to boost public spending: if they don’t, there will be riots. Denmark, for instance, has said it will pay 75 percent of the salaries of employees who would otherwise be fired. Others are following suit with a raft of measures including cash transfers for individuals and support for businesses.

How will states “pay for” this? There are two main ways.

The first, most important, will be through borrowing. There is no inflation on the horizon, interest rates are low and in some cases negative, and financial markets have been eating up government debt without so much as a burp. If there’s a time to borrow, it’s now. And it is already happening. In a move that would have been astonishing just a few weeks ago, Germany has suddenly punched through its long-held (and idiotic) “Black Zero” policies to balance its budgets and not take on new debt. As the Financial Times reports:

The time has come for governments to spend. To protect vulnerable people, broad populations, essential workers, institutions, and the economy. Even the financial sector, where its collapse could pose a threat.

But we are generally a revenue-side organisation, not a spending-side organisation, so we’ll focus on the second way governments can “pay for” the massively expensive new measures coming in, which is tax. Although tax receipts don’t need to match spending, they do still need to be collected, where possible.

Tax systems play another crucial role in that economic question at the heart of this crisis: they help governments choose how the pain of lost output is shared out.

And with all the old ideological orthodoxies are suddenly up in the air, and despite the special interests clamouring for yet more tax breaks, NOW is the time to push hard for tax justice.

In short, tax justice campaigners should be calling for a strong fiscal stimulus which will lead to poor and vulnerable people paying less and rich people and strong, profitable corporations paying more.

Lessons from history

History provides some grounds for optimism as to what comes next. In times of war, governments have tended to make wealthier sections of the population and large businesses carry a larger share of the burden than before. In the First World War, for instance, both Britain and the United States imposed an 80 percent tax rate on excess corporate profits (above an 8% annual return,) and the top income tax rate on the highest earners rose from 15 percent to 77 percent. Something similar happened in the Second War, when top income tax rates rose to 94 percent. In the United Kindgom, the top income tax rate rose to an even more eye-watering 99.25%. Similar tax measures were adopted by other countries at war.

Over time, from one war to the next, taxes have assumed a growing share of the revenue mix, as this graph shows.

Source: Goldin, C. (1980). War. In G. Porter (Ed.),Encyclopedia of American economic history: Studies of the principal move-ments and ideas(pp. 935–957). New York: Charles Scribner’s Sons. Via FT.

Taxes were preferred above borrowing or other measures at times when support for wars was high. Famed economist John Maynard Keynes produced a radical plan for funding the UK’s involvement in WW2 which involved a sharply progressive surtax on high incomes and personal wealth, and he was keen to shift as much of the cost of financing the war effort onto richer people.

It is worth adding that very high rates persisted for at least a couple of decades after the Second World War’s end, accompanied by a raft of other progressive policies and the highest and most broad-based economic growth in world history, before or since. People who have been until recently gloomy about the prospects of an increasingly entrenched, lawless, powerful and tax-free global oligarchy may have grounds for optimism.

Is this time different?

There is a big difference between now and the time of World Wars, however. Back then, employment was running at full tilt, with men heading off to fight and women flooding into the factories. Right now, the opposite is happening: workers are heading home, and millions of businesses face bankruptcy.

So is this the time to be raising taxes? Should we not be cutting taxes instead?

The simple answer is: it is time to be smart about this. Taxes should be cut to help those worst affected — but for those companies that are still making profits, and the wealthiest sections of society, they should now be increased significantly – even massively. Public appetite for this was already in place before the crisis.

But let’s start with all-important measures to support collapsing businesses and workers’ incomesWomen will pay a heavy price, since they will disproportionately be working on the health frontlines, and in the social care sectors, while also caring for children ejected from schools, and the elderly.

The most important measures to help are on the spending side and on other policy measures, such as enforced rent or mortgage delays or freezes or forgiveness. These are beyond the scope of this blog.

On the tax side, there are many ways to support people and struggling businesses. For instance, targeted reductions to value added taxes, focused on basic necessities, would help ordinary people, as would property taxes. Taxes on payrolls, business rates (on real estate) and other taxes which add to the costs of doing business, should be judiciously cut, at least for those businesses facing hardship due to Covid-19. Measures such as “accelerated depreciation” (to allow affected businesses to offset investment costs against tax more quickly) will help shore up investment, though great care is required so they don’t become expensive and pointless loopholes.

But in other areas, taxes should be raised – and raised A LOT.

Tax profitable corporations more

Take corporate income taxes, for instance. These are levied on profits. If companies are struggling, they won’t be making profits, so they won’t pay this tax. So corporate income tax rates can be increased right now, because they will only strike profitable businesses. (There are timing issues: a teetering company could be bankrupted by a crippling tax bill from a previous quarter, but these are details to be managed skilfully.)

Some businesses will do very well out of this catastrophe. Lots of people locked down at home are now turning to Zoom, for instance, to communicate with loved ones. Its share price is now several times what it was in early January.

Source: screenshot (24 March 2020, 13h24)

Likewise, many bricks-and-mortar shops (the ones that hadn’t already been slaughtered by the Amazon steamroller) are now facing temporary or permanent closure – and the American behemoth is ready to hoover up the pieces. Antitrust authorities are nowhere (as we recently remarked.) Let corporate tax pick up some of the slack.

And from a justice perspective, we have to agree with Pope Francis.

Those who do not pay taxes do not only commit a felony but also a crime: if there are not enough hospital beds and artificial respirators, it is also their fault.”

It is not only just and right that the wealthiest people and profitable corporations pay, but if they are still wealthy or still profitable, they also have a greater ability to pay.

So let’s not mess around here. In recent years mainstream governments have been bickering over whether corporate taxes should be at 25 percent, or 20 percent, or 18 percent. All that needs to go out of the window now.

Let’s now start to talk about hiking corporate income tax rates dramatically. Let’s start with a 50 percent rate, and start thinking about 75 percent on excess profits, above, say, a five percent hurdle rate. This is way out there on past consensus, but who knows where we’ll be in five years’ time.

This protects the weak, and gets the strong to support the weak.

Barely profitable firms that aren’t making excess profits would pay nothing: it’s those hedge funds profiting from currency collapses, tech firms eating distressed companies’ lunches, or private equity firms buying distressed assets cheaply and financially engineering them for profit – which can and must now pay their share.

Obviously, different countries, and different sectors, face different conditions. But what’s most important now is to start to shift the “Overton Window” – the realm of what is politically possible and what the public is willingly to accept – firmly in the direction of tax justice. Make no mistake: there are powerful forces that want to use the opportunity of this crisis to push exactly in the other direction.

Tax rich people more

Income tax is another flexible mechanism to tax different segments of society at different rates. Under a healthy progressive tax system, the first portion of an individual’s income (say, from 0 to $10,000 per year) isn’t taxed at all; the next portion (say, $10-20,000) is taxed at a low rate; the next portion, let’s say $20-50,000, is taxed at a higher rate, and then above a certain income level, the top rate is applied. In rich countries, that top rate is often of the order of 40-50 percent.

Remember, though, that the top rate has historically been as high as 99.25 percent. Now is a time to raise this rate a long way. It won’t hurt people in the lower tax brackets – if it means more public spending on hospitals, say, it will help them.

How high should they go? Well, there’s research suggesting that the revenue-maximising rate in the United States is somewhere like 75 percent. So let’s start shifting the Overton Window, and push our governments to aim in this direction. And let’s beef this up with wealth taxes, land value taxes, and other progressive taxes. If you’re wealthy, you can afford these.

Tighten up

People will of course shriek at these proposals. High tax rates will discourage investment, they will cry. Clever rich folks will run away with their money to Geneva or Hong Kong or Dubai, where they can get ‘friendlier’ tax rates. Or corporations and rich folk will get busy with their tax advisers, to use offshore trusts and many other subterfuges to escape paying their fair share. It’s like a balloon, they cry: if you squeeze in one place, it will just displace somewhere else, but the volume will remain the same.

Despair! The poor must pay!

Not so. As we and many others have shown many times, high corporate tax rates may affect corporate profit-shuffling, but they do not generally discourage the kinds of investment that healthy economies need. (They do, however, tend to discourage more predatory forms of investment, which is another benefit.)

Corporations say they need corporate tax cuts to invest, in the same way that my children say they need ice cream. And do not buy the old argument that corporations and rich people will stop avoiding tax or invest more if only you cut their effective tax rates. As a recent book explains:

More on all this soon.

No, the answer isn’t to kowtow and appease mobile capital and rich people. The time has come to start tightening up. Crack down properly, to stem leakage, to reduce loopholes, increase transparency, and so on. It’s not like a balloon: it’s more like a sponge. When you squeeze, you may get some displacement – but you’ll also wring out a bunch of water too.

So a slighty better slogan is this: tax the poor and fragile and vulnerable less, tax the rich and profitable more, and tighten up to make sure they pay.

We have been working for years on a whole tax justice toolkit, to achieve just this. It includes

And plenty more. The main point is that the time has come to get much more ambitious about all of these.

This blog is about the role of tax systems in the Covid-19 crisis. We will follow it with a series of others: about the role of tax havens, the role of bailouts and subsidies, and the role of a race to the bottom on regulation, tax and other areas. And more. Please watch this space.

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Faut-il remercier les évadés fiscaux qui «donnent» des masques? (Attac France)

Comme après l’incendie de Notre-Dame, les plus grandes fortunes et les plus grandes entreprises françaises rivalisent de générosité. Elles communiquent sur des dons de masques dans un contexte où ceux-ci manquent cruellement pour freiner l’épidémie de Covid 19 et protéger les personnels soignants. Le point commun de ces généreux donateurs? Ce sont des spécialistes de l’évasion fiscale.

Dans le même temps, France 2 organise une grande soirée d’appel à dons en faisant intervenir des artistes qui ont été épinglés dans les scandales d’évasion fiscale. Avant de nous inviter à donner pour l’hôpital public, ne devaient-ils pas commencer par payer leur juste part d’impôt ?

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 Après Bernard Arnault et LVMH, ce sont BNP-Paribas, Bouygues ou encore PSA qui annoncent des dons massifs de masques. Faut-il remercier ces généreux donateurs ? Peut-être, mais il faut aussi se rappeler qu’en pratiquant une évasion fiscale massive, ils ont privé les finances publiques d’importantes recettes qui manquent cruellement pour financer le système de santé !

De généreux donateurs spécialistes de l’évasion fiscale

Bernard Arnault et LVMH ont communiqué pour annoncer qu’ils allaient offrir 10 millions de masques par semaine. Les Paradise Papers ont révélé que le patron de LVMH a placé des actifs dans six paradis fiscaux différents. Maison luxueuse à Londres achetée avec un prête nom domicilé à Jersey, luxueux yacht de 101 mètres détenu par une société maltaise, holding au Luxembourg… : l’homme le plus riche de France, qui revendique être l’un des plus gros contributeurs fiscaux de l’Hexagone, fait preuve de beaucoup d’imagination pour échapper à l’impôt.

Son entreprise LVMH disposerait quant à elle de 202 sociétés offshore. En 2014, la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires révélait que LVMH état l’entreprise française comptant le plus de filiales dans les paradis fiscaux !

De son côté, Bouygues offre 1 million de masques. En 2017, l’entreprise a été épinglée pour ses pratiques fiscales déloyales à Malte lors du scandale dit des Malta Files.

PSA est un autre généreux donateur mentionné dans le presse. Mais les Malta Files ont révélé que PSA a économisé 57 millions en cinq ans en domiciliant ses activités d’assurrance à Malte. Rappelons que l’Etat français est actionnaire de PSA !

Enfin, BNP-Paribas a communiqué sur un don d’un million de masques. La banque française est la banque française qui a le plus recourt aux paradis fiscaux. En 2017, Oxfam montrait que 32% de ses bénéfices sont déclarés dans des paradis fiscaux. Ses nombreuses sociétés domicilées dans des paradis fiscaux lui permettent d’aider ses riches clients à échapper à l’impôt et de réduire sa propre feuille d’imposition. En 2017, la banque a même été condamnée à Londres à une amende de 38 millions d’euros pour avoir organisé un système d’évasion fiscale entre la City et des paradis fiscaux.

Des critiques avaient déjà été émises après l’incendie de Notre-Dame. Pourquoi les milliardaires et multinationales rendent publique leur « générosité » si ce n’est pour profiter de cette situation pour redorer son image de marque ? Et surtout, pourquoi déversent-ils une pluie d’argent qu’ils refusent de payer en impôts ?

Alors que l’Etat se révèle incapable de fournir des masques en quantité suffisante, c’est un facheux symbole de voir des évadés fiscaux, qui ont privé l’Etat d’importantes recettes en échappant à l’impôt, se donner le beau rôle en se substituant à l’Etat pour fournir des masques ! Nous n’attendons pas la charité, mais que ceux qui peuvent le plus contribuer à l’impôt payent leur juste part.

Alors, bien sûr, l’évasion fiscale n’est pas la seule cause de la situation catastrophique dans laquelle se trouve notre système de santé. Les baisses et exonérations de cotisations sociales, présentées comme un gain de pouvoir d’achat pour les français, ont durablement privé de ressources l’Assurance maladie. Les choix politiques des gouvernements successifs sont également en cause dans la dégradation de nos services publics.

Mais on sait que la baisse des stocks de masques a été décidée en 2013 dans un contexte de restrictions budgétaires lié à la lutte contre les déficits publics. Or, faut-il rappeler que le manque à gagner annuel pour l’Etat français lié à la fraude et à l’évasion fiscale est estimé à au moins 80 milliards d’€, quand le défiit public s’est élevé à 75 milliards d’€ en 2013 et à 93 milliards d’€ en 2019 ? La justice fiscale est nécessaire pour financer des services publics de qualité.

Quand des évadés fiscaux appellent les Français à donner pour l’hôpital public

Ces derniers jours ont également été marqués par une succession d’appels à dons par les hôpitaux.

Or, les hôpitaux sont censés être financés par les prélèvements obligatoires, si bien que la question nous brule les lèvres : et si chacun.e payait sa juste part d’impôts, les hopitaux seraient-ils contraints de recourir à des appels à dons ? 

N’est-il pas indécent que France 2 organise ce soir une soirée « Ensemble avec nos soignants » pour inciter les français.es à faire des dons pour l’hopital public, en faisant chanter des évadés fiscaux ? Parmi les artistes qui interviendront lors de cette soirée caritative, on retrouve en effet Patrick Bruel, mouillé dans une histoire d’évasion fiscale aux Iles Vierges et au Luxembourg avec Winamax, Gad Elmaleh, épinglé par le Monde pour un compte en banque dans une filiale d’HSBC à Genève, ou encore Julien Clerc, alors qu’il a été cité lors des Paradise Papers car il a fait immatriculer un bateau à Malte pour échapper à la TVA.

Avant d’appeler les français.es à faire des dons pour l’hôpital public, ne devraient-ils pas commencer par payer leur juste part d’impôt ?

Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac France.

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23 mars 2020

Crise de Corona: les prêts de la KfW aux PME italiennes témoignent de la solidarité européenne

 

Un prêt de solidarité de la banque de promotion allemande KfW à la banque de promotion italienne est destiné à soutenir l’aide à la liquidité pour les petites et moyennes entreprises italiennes particulièrement touchées par la crise de Corona. Un volume de 1 milliard d’euros serait une première étape. C’est l’essentiel d’un document conjoint rédigé par des membres verts du Bundestag allemand Sven-Christian Kindler et Franziska Brantner et l’eurodéputé vert Sven Giegold. Ensemble, ils appellent le gouvernement allemand à contribuer au soutien de l’économie italienne et en même temps à envoyer un signal de solidarité européen.

Sven Giegold, porte-parole de Bündnis 90 / Die Grünen au Parlement européen, explique:

«L’Allemagne doit soutenir l’Italie dans cette grave crise. Un prêt non bureaucratique de la KfW à la banque de promotion italienne pour soutenir les petites et moyennes entreprises italiennes serait un signe fort de solidarité européenne. Un milliard serait un début. L’Allemagne, en tant que pays économiquement le plus fort, devrait ouvrir la voie ici. L’Allemagne devrait utiliser sa marge de manœuvre budgétaire considérable pour soutenir non seulement l’économie allemande mais aussi, dans une moindre mesure, l’économie italienne. Cela aurait également un sens économique, car les économies européennes sont étroitement imbriquées et une récession en Italie affecte également tous les autres pays européens. Le prêt permettrait à la KfW d’utiliser ses conditions de financement favorables, grâce à la bonne cote de crédit de l’Allemagne, pour bénéficier directement aux entreprises italiennes.

Il est fatal que les chefs d’État et de gouvernement ne parviennent toujours pas à s’entendre sur une approche commune pour stabiliser l’économie européenne. Si une action courageuse au niveau européen est encore nécessaire de toute urgence, des pays économiquement forts comme l’Allemagne devraient déjà montrer la voie aujourd’hui et soutenir leurs partenaires européens. Le temps presse, car chaque jour des entreprises saines glissent plus profondément dans le rouge. Jeudi, les chefs de gouvernement doivent enfin adopter un programme d’aide européen global pour éviter une rupture profonde dans la zone euro. Les gouvernements européens ne doivent pas laisser la BCE seule à nouveau dans la lutte contre la crise. Les chefs de gouvernement devraient désormais activer rapidement les lignes de crédit de précaution du MES pour tous les États de la zone euro sans mesures d’austérité et empêcher ainsi les attaques spéculatives contre les différents pays de la zone euro. À long terme,

Proposition verte de prêts d’aide KfW pour les petites et moyennes entreprises en Italie:

https://sven-giegold.de/wp-content/uploads/2020/03/Gru¨ner-Vorschlag-KfW-Hilfen-Italien_final_english.pdf

 

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« Relocaliser n’est plus une option mais une condition de survie de nos systèmes économiques et sociaux » 

 

« Dans l’industrie pharmaceutique () 80 % des principes actifs des médicaments sont importés de Chine et d’Inde, contre 20 % il y a trente ans ». Photo : Le port de Busan (Corée du Sud) avec des conteneurs.
« Dans l’industrie pharmaceutique () 80 % des principes actifs des médicaments sont importés de Chine et d’Inde, contre 20 % il y a trente ans ». Photo : Le port de Busan (Corée du Sud) avec des conteneurs. Philippe Turpin / Photononstop

Tribune En moins de deux mois, la pandémie due au coronavirus rebat déjà les cartes de la globalisation économique. L’allongement continu des chaînes d’approvisionnement et de la division internationale du travail depuis plus de trente ans, ainsi que leur fonctionnement à flux tendus, sont désormais perçues comme des sources de danger difficilement supportables et justifiables.

L’industrie pharmaceutique, qui a délocalisé des pans entiers de son appareil productif au point que 80 % des principes actifs des médicaments sont désormais importés de Chine et d’Inde, contre 20 % il y a trente ans, est citée en exemple des secteurs à relocaliser. Ce terme de « relocalisation » est désormais dans tous les discours, y compris de ceux qui n’ont cessé d’oeuvrer depuis des années à l’approfondissement de la mondialisation néolibérale au nom de l’abaissement des coûts.

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Sans pour autant que le contenu même des choix d’investissement et de production ne soit interrogé, ne faut-il ajouter à la compétitivité-coût, qui a guidé les choix des investisseurs depuis des années, que le seul critère de « compétitivité-risque », comme cela est désormais évoqué ? Ou bien faut-il interroger le contenu même de ces productions, de leur mode de financement, de leur impact sur la planète et de la qualité des emplois qu’elles font vivre ?

Le symptôme d’une mal-organisation du monde

Les appels à la relocalisation et à la relance de l’économie ne sauraient, en effet, masquer le caractère intrinsèquement insoutenable du système productif mondial : dans son rapport « Global Resources Outlook to 2060 », l’ Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que l’extraction de ressources naturelles devra augmenter de 111% (150% pour les métaux et 135% pour les minéraux) pour alimenter une croissance annuelle mondiale de 2,8% d’ici à 2060. Relocalisé et relancé au nom de formes de protectionnisme revisités, un tel modèle économique n’en reste pas moins insoutenable et non-désirable.

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La crise du coronavirus apparaît, en effet, comme le symptôme d’une mal-organisation du monde qui ne peut que favoriser la prolifération d’événements incontrôlables prenant une dimension de déstabilisation systémique. Sans en être la cause profonde – qui réside dans l’envolée des inégalités et d’une bulle financière gonflée par les Banques centrales depuis dix ans – le coronavirus met le feu à une économie mondiale dramatiquement instable. Qu’en sera-t-il lorsque les dérèglements climatiques et l’effondrement écologique documentés par les scientifiques produiront leur plein effet, c’est-à-dire dès demain, et au plus tard après-demain ?

Avoir confié aux seuls marchés financiers et entreprises multinationales la majeure partie de l’économie et de son financement, faisant de la seule rentabilité financière à court terme le critère de décision majeur, joue comme un facteur d’aggravation et d’emballement dans des situations défavorables telles qu’une crise sanitaire. Outre, une fragilité financière décuplée, le dumping social, écologique, fiscal tel qu’il a été organisé par trois décennies d’accords de libéralisation du commerce et de l’investissement, a clairement réduit les capacités de résistance et de résilience de nos systèmes économiques et sociaux mais également, on le voit, sanitaires.

L’exigence d’une relocalisation des activités

Tout comme les réponses à apporter aux dérèglements climatiques, les mesures sanitaires, économiques et sociales pour faire face à la pandémie du coronavirus devraient être à solidarité internationale obligatoire. On constate, au contraire, une prolifération de mesures nationales, pour ne pas dire nationalistes souvent contradictoires entre elles, consistant à organiser la compétition pour l’accès aux matériels médicaux (masques, tests de dépistage, machines respiratoires) et à pointer le danger que représentent le voisin chinois ou italien ou les réponses apportées par les autres pays.

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L’exigence d’une relocalisation des activités pour réduire notre empreinte écologique et générer des emplois pérennes et de qualité, en faisant jouer la coopération et la solidarité internationale, devrait guider les choix structurels à prendre dans les semaines à venir. Relocaliser n’est plus une option mais une condition de survie de nos systèmes économiques et sociaux, mais aussi des populations. Il est temps de faire décroître les flux de capitaux et de marchandises et de réduire la place des secteurs toxiques pour la biosphère (énergies fossiles, chimie et agro-industrie, électronique, etc).

Oublier l’un des termes de l’équation reviendrait à aggraver l’une ou l’autre des sources de déstabilisation mondiale actuellement à l’oeuvre : urgence écologique, migrations, guerres et tensions géopolitiques, montée des autoritarismes, ralentissement du commerce mondial, endettements et marchés financiers hors contrôle, crises sanitaires, sont autant de dimensions interdépendantes de la mondialisation auxquelles il faut essayer de répondre conjointement.

Les indispensables régulations publiques

Les forces anti-incendies le savent : quand le feu se déploie, il faut à la fois lutter sans relâche pour en limiter la propagation, mais aussi, et en même temps, s’assurer qu’il ne puisse pas reprendre, attisé par des foyers secondaires et des causes externes défavorables. Alors que les lobbys bancaires n’ont cessé de rogner les dispositifs prudentiels déjà insuffisants mis en place après la crise de 2008, ils profitent de la crise actuelle pour relancer leur travail de sape. Ce sont pourtant les régulations publiques qui permettent de naviguer par gros temps qui devraient être renforcées.

L’histoire n’est pas écrite. Elle regorge de moments où des événements imprévus, des guerres, des chocs politiques ou des mouvements sociaux ont accéléré des processus en cours ou permis des bascules imprévisibles. Il est de notre responsabilité collective de faire basculer le monde du côté de la solidarité, de la soutenabilité, de la réduction des inégalités, en deux mots vers un monde vivable et désirable. Il faudra pour cela que nos sociétés retirent le pouvoir des mains des barons des affaires, des illuminés de la technoscience et de leurs représentants politiques.

Les signataires: Maxime Combes, Geneviève Azam, Thomas Coutrot économistes et Christophe Aguiton sociologue et tous membres d’Attac France.

Quarante ans de néolibéralisme ont façonné notre réponse individualiste au coronavirus

Qu’est-ce qui nous a conduit à stocker des désinfectants pour les mains? Selon l’expert en comptabilité Prem Sikka, c’est 40 ans de thatchérisme.

Un aspect insidieux de l’épidémie actuelle de coronavirus est l’achat de panique de nourriture, de désinfectants pour les mains, de nourriture en conserve, de rouleaux de papier toilette et d’articles essentiels. Pourquoi cela se produit-il, en particulier dans un pays qui se targue de l’esprit bulldog?

Le stockage peut fournir un sentiment de sécurité, mais la plupart des animaux ne s’accumulent pas. Les personnes instruites qui se considèrent comme rationnelles se livrent à des achats de panique et à une thésaurisation qui infligeront des difficultés à autrui et, en fin de compte, elles-mêmes deviendront victimes des pénuries mêmes qu’elles tentent d’éviter. Cette irrationalité est le triomphe de l’individualisme, qui domine la culture politique britannique depuis quarante-cinq ans.

Les êtres humains s’épanouissent dans des contextes sociaux et des liens de parenté. Pensez simplement à la satisfaction intérieure et à l’éclat que nous ressentons lorsque nous prenons soin d’un être cher, aidons un étranger ou construisons des communautés. Un sentiment de collectivisme et de parenté sociale est le fondement de l’État providence. Néanmoins, il existe une tension récurrente entre les intérêts collectifs et individuels.

Ces tensions sont devenues l’objet d’écrits de Friedrich von Hayek, lauréat du prix Nobel d’économie en 1974. Il a fait valoir que les libertés humaines sont maximisées lorsque les cadres institutionnels accordent la priorité aux droits de propriété privée, à la liberté individuelle, au libre-échange, aux marchés libres et à un rôle minimaliste pour l’État. Ces philosophies ont jeté les bases de ce que l’on a appelé le néolibéralisme.

Certains peuvent être enclins à rejeter les idées abstraites, mais ils recrutent des personnes, en particulier lorsqu’ils sont promus par des groupes de réflexion, des médias et des universités. Comme l’a dit John Maynard Keynes: «Les idées des économistes et des philosophes politiques, à la fois quand elles ont raison et quand elles ont tort, sont plus puissantes qu’on ne le croit généralement. En effet, le monde n’est gouverné par rien d’autre. Les hommes pratiques, qui se croient tout à fait exempts de toute influence intellectuelle, sont généralement les esclaves d’un économiste défunt ».

Bientôt, les philosophies néolibérales sont devenues la pièce maîtresse des idéologies politiques défendues par le président américain Ronald Reagan (1981-1989) et le Premier ministre britannique Margaret Thatcher (1979-1990). Le néolibéralisme a non seulement éclairé les politiques économiques et sociales des gouvernements, mais a également permis de comprendre au quotidien ce que signifie être heureux et réussir. Il a reconstruit les nations, les communautés et les individus comme des êtres compétitifs engagés dans la poursuite sans fin de la richesse privée, des biens matériels et de la consommation, ce qui entraînerait en quelque sorte une augmentation de la richesse et du bonheur. La thésaurisation en masse d’articles essentiels n’est qu’une des conséquences de la compétition individualiste, ou la philosophie «Je vais bien Jack» promue par le néolibéralisme.

Les années Thatcher ont permis de gagner de l’argent à presque n’importe quel prix. Les normes sociales ont été écartées et peu d’attention a été accordée aux conséquences. Quiconque allait à l’encontre de l’idéologie dominante était considéré avec suspicion et réduit au silence. Cela a incubé le krach bancaire de 2007-08, d’autant plus que la libéralisation des années 80 du secteur financier s’est accompagnée d’une réglementation légère. Dans ce vide, les banquiers se sont livrés à des spéculations imprudentes et à la prise de risques. Ils ont développé de nouveaux instruments financiers dans la course pour obtenir une rémunération liée à la performance plus élevée. L’association entre biens matériels, consommation et bonheur signifie qu’il n’y a pas de limite à l’acquisition de plus en plus de richesse, même si elle ne peut pas être dépensée.

Certains négociants en valeurs mobilières, sociétés et banquiers se sont enrichis au-delà de leurs rêves les plus fous, mais il n’y avait aucune considération pour les conséquences. Les gouvernements fascinés par les valeurs néolibérales n’ont rien fait pour contraindre les spéculateurs. Ensuite, tout s’est écrasé et les ondulations ont touché tous les secteurs de l’économie. Les gouvernements ont renfloué les banques et cela a déclenché une austérité sans fin qui a érodé les salaires des travailleurs, le niveau de vie et les services publics. Même les bénéficiaires d’une prise de risques imprudente se demandent pourquoi leur emploi a disparu; leurs familles ont dû attendre plus longtemps avant d’être hospitalisées ou comment leur quête de richesses a entraîné une baisse des dépenses de police et une augmentation de la criminalité dans les quartiers défavorisés. Peut-être, ils n’ont jamais vraiment connecté les points.

L’évasion fiscale a toujours été avec nous, mais l’ascendant du néolibéralisme l’a accéléré. Les sociétés, les comptables, les avocats et les experts financiers conçoivent des structures d’entreprise complexes dans le but d’éviter les impôts. Cela permet aux entreprises de déclarer des bénéfices plus élevés, aux actionnaires de collecter des dividendes plus importants, aux dirigeants de collecter des paquets de paiements exceptionnels et aux concepteurs de stratagèmes d’évasion fiscale de percevoir des frais exorbitants. La richesse des individus s’est accompagnée de malheurs pour la société. L’esquive fiscale épuise les deniers publics et empêche les gouvernements élus de redistribuer les revenus / la richesse et de fournir les services publics mandatés par les citoyens. Les bénéficiaires de l’évasion fiscale se plaignent du manque d’investissement dans l’éducation, les soins de santé, les transports, la sécurité, les retraites et autres éléments essentiels,

La pandémie de coronavirus montre que nous comptons sur la société pour notre santé et notre bien-être. Nous dépendons tous les uns des autres. Aucune personne seule ne peut lutter contre la pandémie. Cela devrait encourager les réflexions sur les failles culturelles qui, depuis trop longtemps, ont promu l’individualisme débridé comme idéologie dominante. Cela n’a pas apporté de stabilité sociale ni de bonheur aux masses et menace désormais l’approvisionnement en nourriture et en services essentiels.

Prem Sikka est professeur de comptabilité à l’Université de Sheffield et professeur émérite de comptabilité à l’Université d’Essex. Il est rédacteur collaborateur de LFF et tweets  ici .

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Nous devons décider maintenant qui va payer la facture !

C’est le titre de l’éditorial dans De Standard du 19 mars 2020. Bart Sturtewagen termine cet éditorial en déclarant : « Les stratégies qui déterminent comment ce fardeau sera réparti entre les  différents acteurs économiques doivent maintenant être écrites. Sinon, ce seront à nouveau les prestataires, les travailleurs et les petits entrepreneurs qui vont payer, tandis que les « intouchables» financiers se moqueront à  nouveau d’eux.

La crise du Corona est aujourd’hui la plus grave, mais en arrière-plan d’autres crises continuent de proliférer comme la pauvreté, la crise du logement, le réchauffement climatique, etc. Pour faire face à toutes ces crises, des ressources considérables sont nécessaires. Comme nous l’écrivions dans  notre article: « Le tabou des impôts et des cotisations sociales » du 9 février dernier . https://www.lef-online.be/index.php/20404-le-tabou-des-impots-et-des-cotisations-sociales

Il est grand temps de rappeler à l’ordre nos représentants!

(texte transmis par le Lef)

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Alors que les ravages de l’injustice fiscale ont préparé la déglingue de la santé ( le podcast de Tax Justice Network  avec John Christensen et Naomi Faowler) :

Combien de signes de plus devons-nous nous dire que nous devons réformer d’urgence nos économies, garder les services essentiels hors de portée privée et passer des combustibles fossiles? Alors que le monde s’attaque à un autre type de crise contre le coronavirus, nous examinons comment la justice fiscale est la clé de toute réforme économique dans l’intérêt public. Sans elle, résoudre la crise climatique – toute crise – est impossible.

Nous parlons à la Dre Gail Bradbrook , cofondatrice d’ Extinction Rebellion sur une vision de l’espoir, et à John Christensen du Tax Justice Network.

Nous vous apportons également la voix des employés des bureaux fiscaux britanniques de leur protestation devant le Parlement britannique contre la fermeture des bureaux fiscaux par le gouvernement, supprimant jusqu’à 50 000 emplois. Malheureusement, c’est une tendance mondiale … c’est un sujet que nous avons l’intention de revoir bientôt sur le Taxcast, alors faites attention à cela.

«La majorité du public comprend maintenant qu’il y a une urgence. Mais l’autre élément que nous n’avons pas encore suffisamment mis en œuvre est de maintenir la vision selon laquelle un changement est possible. Nous savons que la taxe est un problème vraiment essentiel.»

~ Dr Gail Bradbrook, co-fondatrice d’Extinction Rebellion

« Nous avons vraiment besoin de plus que jamais maintenant, surtout à la lumière du coronavirus, nous aurons besoin de toutes les taxes que nous pouvons obtenir pour tous les soins supplémentaires dont les gens auront besoin. »

 » 500 bureaux fermés, 50 000 employés perdus et pourtant vous voulez que le plus gros budget dépense le plus d’argent, personne ne sera là pour le récupérer. »

« Nous sommes la meilleure affaire que vous obtiendrez jamais, l’argent que nous coûtons par rapport à l’argent que nous collectons pour les hôpitaux, les écoles, les infrastructures, les routes, nous sommes une excellente affaire.»

~ Employés des bureaux des impôts, manifestation du Parlement britannique

« Si vous incluez tous les impacts sur la santé de la production de combustibles fossiles et les dommages causés par les événements climatiques extrêmes liés au réchauffement climatique, aux inondations et aux incendies de forêt et à l’augmentation de l’incidence de la sécheresse, etc., et si vous intégrez tous ces coûts l’équation, le véritable coût des subventions au secteur des combustibles fossiles s’élève à un étonnant 5,2 billions de dollars américains chaque année. Ou bien, cela représente 10 millions de dollars américains chaque minute de chaque jour de l’année. « 

~ John Christensen, Tax Justice Network

https://www.taxjustice.net/wp-content/uploads/2020/03/TRANSCRIPT_3_2020.pdf

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L’Espagne nationalise tous ses hôpitaux privés :

https://www.businessinsider.com/coronavirus-spain-nationalises-private-hospitals-emergency-covid-19-lockdown-2020-3?r=US&IR=T

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(texte repris du site du LEF) – Les situations exceptionnelles nécessitent des mesures exceptionnelles. C’est le cri de l’aide des syndicats du secteur des titres-services. Si rien n’est fait pour les salariés du secteur des chèques services, nous nous dirigeons vers une catastrophe sociale et sanitaire sans précédent. Leurs bas salaires, combinés à un chômage temporaire, menacent de les plonger davantage dans l’incertitude.

En raison de la propagation du virus Corona en Belgique, de nombreuses entreprises profitent du chômage temporaire pour des raisons économiques. Et même si le versement est passé de 65% à 70% du salaire brut plafonné, c’est loin d’être une solution durable pour les aides ménagères du secteur des chèques services qui ont des salaires très bas et peu de réserves. Par ailleurs, le chômage temporaire dû à un cas de force majeure, dont le seuil est inférieur, n’est pas reconnu pour le secteur des titres-service. Nous sommes donc confrontés à des situations arbitraires.

Les travailleurs qui remplissent les conditions et qui sont éligibles au chômage temporaire pour des raisons économiques, en réalité minoritaire, n’auraient droit qu’à la moitié de l’allocation. Sur le terrain, nous avons constaté que de nombreuses entreprises encouragent leurs employés à prendre des congés non payés ou payés. Mais les congés payés de l’aide ménagère ne sont payés qu’en juin… ils n’ont donc plus de revenus ni de congés pendant les vacances.

En plus de l’aspect financier, il y a aussi le risque pour la santé des employés et de leurs clients. Le secteur des chèques-services représente 140 000 employés et plus d’un million de clients, dont 24% ont plus de 65 ans. Le risque est donc réel. Ajoutez à cela le fait que de plus en plus de clients sont à la maison, à cause du télétravail ou pour s’occuper des enfants, et le sérieux est clair.

Les syndicats demandent aux autorités fédérales et régionales de prendre conscience de la gravité de la situation des travailleurs domestiques et de prendre des mesures pour les aider. D’une part, nous préconisons la fermeture du secteur, à l’exception de l’activité shopping. D’autre part, nous demandons aux gouvernements d’utiliser les budgets régionaux pour le secteur des chèques de services, qui étaient déjà réservés aux aides ménagères, afin d’éviter une crise financière pour les aides ménagères.

Les différents gouvernements doivent être conscients que si la situation reste inchangée, nous nous dirigeons tout droit vers une catastrophe sociale invisible. Une réponse rapide est nécessaire pour éviter que ces travailleurs à bas salaires ne sombrent dans une incertitude totale. Nous préconisons la fermeture du secteur avec une compensation financière supplémentaire pour les employés.


ABVV – Issam Benali – secrétaire fédéral
ACV Food and Services – Pia Stalpaert – président
ACLVB – Tommy Jonckheere – National sector manager

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ERIC GOEMAN RESTE AMAZED (étonné!) ….

Eric Goeman: «Je suis toujours étonné que tant de personnes, même dans les cercles progressistes, pensent que tous les partis devraient prendre leur responsabilité de former ensemble un gouvernement, si nécessaire un gouvernement d’urgence. Je trouve étonnant pourquoi certains pensent que les socialistes témoignent de leur méchanceté parce qu’ils préfèrent ne pas transiger avec les dirigeants nationaux flamands de la « liste de souhaits » ou du programme politique ci-dessous? La crainte du Coronavirus ne doit pas bloquer la mémoire de la promesse de BDW (Bart De Wever) « qu’il restait encore des milliards à trouver dans la sécurité sociale ». Cette menace seule à une époque où tous les soins de santé sont sur le pont devrait interdire toutes les tentatives de former un gouvernement avec les néolibéraux nationaux flamands (qui ont également répandu le lit pour les coléoptères fascistes du VB) en raison de socialement et moralement irresponsable. Dans l’intérêt de tous les travailleurs. »

Présentation de NVA


Au moment où l’aide à domicile aux groupes vulnérables est plus actuelle que jamais à cause du Corona-virus, le CPAS de Bruxelles-ville décide de fermer son service de soins (infirmiers) à domicile.

Nous avons appris la décision du CPAS de Bruxelles-Ville de fermer son service de soins (infirmiers) à domicile, et ce de manière brutale et sans concertation avec le personnel. Il s’agit d’un service unique dans la lutte contre la précarité mais également dans la prévention sanitaire et psycho-médicosocial.

Tout le monde est d’accord aujourd’hui que le maintien à domicile de personnes âgées est une priorité. Ce service est donc plus que nécessaire. On conteste donc cette décision.

De plus, on nous promet de réorienter nos patients de la manière la plus optimale possible. Or le service des soins à domicile garantit une approche coordonnés du soin (soins infirmiers, relais psycho sociaux ainsi que coordonner les réseaux autour des patients) qui n’est pas à remplacer par une somme d’autres services.

L’ironie du sort a fait que cette décision a été prise juste au moment que le Coronavirus met à l’épreuve l’infrastructure des soins de santé dans notre pays et que dans certains endroits des initiatives sont prises pour organiser l’aide à domicile pour les personnes âgées.

On nous dit déjà depuis longtemps que notre service coûterait trop d’argent, or le but d’un service public n’est pas de faire du profit mais de se mettre au service de la population.

Nous dénonçons donc cette décision et demandons une discussion ouverte et transparente.

Au nom des infirmières du service des soins à domicile du CPAS.


Réginald de Backer

Président CGPS Bruxelles-CPAS

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Demain, qui paiera la facture ? (carte blanche du Standaard) :

Décidons aujourd’hui de ceux qui paieront la facture demain

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La collaboration dans la recherche freinée par la question des brevets :

https://www.salon.com/2020/03/07/patents-are-slowing-the-development-of-a-coronavirus-vaccine_partner/


Et l’Europe … ?  (Sven Giegold)

Crise des coronavirus / zone euro: les gouvernements doivent s’engager sur les lignes de crédit du MES sans nouveaux programmes d’austérité

Pour amortir l’impact économique de la crise des coronavirus, la BCE, la Commission européenne et le gouvernement allemand, entre autres, ont annoncé des mesures de politique monétaire et budgétaire de grande envergure. La BCE a l’intention de soutenir l’économie réelle avec des lignes de crédit favorables aux banques et une extension du programme d’achat d’obligations. En outre, les exigences de fonds propres des banques doivent être assouplies. La Commission européenne a annoncé qu’elle donnerait aux États membres une marge de manœuvre par le biais d’exemptions pour les aides d’État et la flexibilité des règles budgétaires. La Commission a également annoncé un petit paquet d’investissement et une coopération médicale.

Le gouvernement allemand, représenté par le ministre des Finances Scholz et le ministre de l’Économie Altmaier, a lancé une aide massive à la liquidité par le biais de la banque de promotion allemande (KfW), une extension des prestations de chômage partiel, des reports d’impôts pour les entreprises et une extension des programmes de garantie pour les entreprises. Lors d’une conférence de presse mercredi, six économistes allemands de premier plan ont appelé à un programme de grande envergure similaire pour contrer la crise de manière rapide et décisive.

L’eurodéputé Sven Giegold , porte-parole de la politique économique et financière du groupe Verts / ALE, a déclaré:

«Les gouvernements des pays de la zone euro luttent contre les effets économiques du Coronavirus au niveau national avec des programmes fiscaux massifs. Un écart subsiste au niveau européen. Les propositions Scholz-Altmaier n’offrent qu’une réponse européenne faible à la crise. Les exemptions accordées par la Commission aux dépenses déficitaires des États membres ne résolvent pas le problème des attaques spéculatives potentielles contre les différents États membres. Les gouvernements européens devraient s’engager à donner accès aux lignes de crédit de précaution du mécanisme européen de stabilité aux pays de la zone euro qui subissent des pressions sur les marchés des capitaux en raison des effets économiques de la crise corona. L’accès au crédit de précaution ESM ne doit être lié à aucune mesure de neutralité. Un engagement ferme à utiliser les lignes de crédit ESM de précaution calmerait les marchés de capitaux et contrerait ainsi les attaques spéculatives. Dans le même temps, la Banque européenne d’investissement doit aider les entreprises italiennes en particulier avec des lignes de crédit directes. Il ne suffit pas de sauver des entreprises allemandes et de mettre en faillite des entreprises italiennes.

Les mesures annoncées par le gouvernement allemand sont un signal fort pour les marchés de tout mettre en œuvre pour assurer la survie des entreprises et des emplois. En plus des mesures de liquidité, le gouvernement fédéral doit également augmenter les investissements pour stabiliser l’économie. Le gouvernement allemand doit respecter la solidarité européenne. Les propositions de Scholz et Altmaier ne fournissent pas de réponse au dilemme des pays de l’euro plus faibles qui risquent de perdre la confiance des marchés en raison de la hausse de la dette.

Le manque d’action politique après la dernière crise devient apparent. La zone euro n’est pas suffisamment à l’abri des crises. Le fait qu’aucune véritable réforme de la zone euro n’ait été entreprise fait des ravages. Il y a un manque d’instruments de dette communs et de prise de décision commune dans la zone euro. À moyen terme, la zone euro a besoin d’un fonds commun de remboursement de la dette combiné à des réformes à travers l’Europe. »

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