éléments sur la crise financière

Nouvelle crise financière : Gordon Brown se réveille et craint le pire … faute de sanctions suffisantes – les européens s’interrogent …

Le réveil de Gordon Brown des années après … et ses appréhensions :

https://www.theguardian.com/politics/2017/oct/31/gordon-brown-bankers-should-have-been-jailed-for-role-in-financial-crisis?utm_source=esp&utm_medium=Email&utm_campaign=GU+Today+main+NEW+H+categories&utm_term=250205&subid=8477324&CMP=EMCNEWEML6619I2

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(Le Monde 13 février 2016) – « La tempête secouant les Bourses depuis plusieurs semaines, tout comme le ralentissement des pays émergents et de l’économie américaine, pourraient bien faire dérailler la reprise européenne. « Les conséquences de ces turbulences sont encore difficiles à évaluer », explique M. Collard. Comme lui, la plupart des économistes se montrent très prudents. Avec précautions et nuances, ils dressent aujourd’hui deux scénarios possibles pour les mois à venir.

Prévisions revues à la baisse

Dans le premier, les places financières et marchés reprendraient des couleurs sans tarder. La zone euro profiterait alors à plein des effets de la baisse du pétrole. Elle devrait néanmoins faire face au ralentissement de ses partenaires – Etats-Unis, pays émergents et Chine. « Toute la question serait alors de savoir si sa consommation interne compense le tassement des exportations vers l’Asie et l’Amérique, analyse Philippe Waechter, chez Natixis AM. Et surtout, si elle s’accompagne d’un véritable redémarrage de l’investissement, sans lequel la reprise resterait fébrile. » Dans les deux cas, il semble néanmoins peu probable que le PIB de la zone euro croisse de 1,7 % sur 2016, comme l’estime la Commission européenne. Depuis la chute des Bourses, la plupart des économistes revoient tour à tour leurs prévisions à la baisse…

SI LES DOUTES SUR LA SOLIDITÉ DU SECTEUR NE SONT PAS RAPIDEMENT DISSIPÉS, L’OFFRE DE CRÉDIT POURRAIT SE RARÉFIER

Dans le second scénario, les troubles boursiers se prolongeraient, rappelant la terrible séquence de la crise de 2008. « Beaucoup d’investisseurs ne croient plus au modèle de croissance de la zone euro, qui a consacré ces sept dernières années à la rigueur en oubliant de miser sur les secteurs d’avenir », assène Stéphanie Villers. Le risque serait alors que le plongeon continu des marchés finisse par contaminer l’économie réelle. Comment  ?

Par le canal bancaire, d’abord. Si les doutes sur la solidité du secteur ne sont pas rapidement dissipés, l’offre de crédit pourrait se raréfier dans la zone euro, tandis que son coût s’envolerait. Comme en 2008, cela pénaliserait violemment les entreprises, alors privées de financement. Et donc, l’activité.

Par le canal de la confiance, ensuite. Si celle-ci s’effrite, les PME repousseront leurs investissements et les embauches. De leur côté, les consommateurs inquiets annuleraient leurs achats pour privilégier l’épargne de précaution. Au détriment, là aussi, de la croissance…

D’autres facteurs internes à l’Europe sont également susceptibles de nuire à la reprise. « La séquence politique s’annonce chargée et porteuse de risques », souligne M. Waechter. Menace d’une sortie britannique de l’Union européenne (le « Brexit »), instabilité gouvernementale en Espagne, dissensions autour de la crise des réfugiés…

Lire l’analyse : « Brexit » : entre David Cameron et les Européens, le match de catch a commencé

Mais le pire peut encore être évité. Pour empêcher la tourmente financière de se muer en crise de l’économie réelle, la priorité est, selon M. Gautry, de faire la lumière sur l’état de santé réel des banques du Vieux Continent. « Les cartes sont entre les mains du superviseur bancaire unique, explique-t-il. Lui seul dispose des données permettant de lever les doutes et de mettre un terme à la spéculation. »

D’AUTRES EXPERTS ESTIMENT NÉANMOINS QU’IL NE FAUT PAS SOUS-ESTIMER LA CRÉATIVITÉ DE MARIO DRAGHI

La balle est également dans le camp de la BCE, qui se réunit le 10 mars. Les économistes sont divisés sur ses marges de manœuvre. Pour certains, elle a déjà tiré toutes ses cartouches et est aujourd’hui démunie pour calmer les marchés. De fait, son taux directeur est au plus bas (0,05 %) et son taux de dépôt négatif (– 0,3 %) a des effets mitigés. En taxant les banques pour les liquidités qu’elles laissent dans les coffres de la BCE, cette mesure vise en effet à relancer le crédit tout en poussant l’euro à la baisse par différents mécanismes complexes. Mais en rognant les marges des banques, le taux négatif contribue également à alimenter les inquiétudes sur l’état de santé et la rentabilité du secteur…

Lire aussi : Les banquiers centraux s’inquiètent des taux bas et du risque de déflation

D’autres experts estiment néanmoins qu’il ne faut pas sous-estimer la créativité de Mario Draghi, le président de l’institut monétaire européen. Il pourrait, par exemple, modifier ses quotas de rachats de dettes publiques sur les marchés. En augmentant le volume de titres souverains des pays du Sud qu’il reprend, il enverrait ainsi un signal clair aux investisseurs doutant aujourd’hui de la solidité de l’Italie ou du Portugal. « Cela ne fonctionnera que si les investisseurs ont le sentiment que les Etats membres ont une véritable stratégie de croissance commune », juge Mme Villers. Sujet sur lequel, en dépit de l’urgence, ils peinent à s’entendre… »

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