La malédiction des ressources financières : la Suisse – Brexit – la City et ses chambres de compensation – Barnier au Luxembourg – Mc Donald’s quitte le Luxembourg pour Londres et bénéficier de 17% d’impôt sur les sociétés -les banques de la City s’apprêtent à chercher domiciliation ailleurs – la livre sterling et malédiction des ressources – les entreprises financières britanniques et leur assaut à Bruxelles

La Suisse ou la malédiction des ressources financières ou du paradis fiscal … 

Très chère Suisse

Un franc suisse et un euro sur un billet de 100 francs suisses, le 17 août 2010 à Lausanne.
Un franc suisse et un euro sur un billet de 100 francs suisses, le 17 août 2010 à Lausanne. FABRICE COFFRINI / AFP

Les salaires sont très élevés en Suisse mais les prix aussi. La Tribune de Genève rappelle que la Confédération helvétique est le pays le plus cher d’Europe, devant l’Islande et la Norvège. Les biens de consommation et les services y étaient en 2016 en moyenne respectivement 47 % et 40 % plus chers que dans l’UE, indique vendredi l’Office européen des statistiques, Eurostat. Les prix des denrées alimentaires en Suisse étaient l’an dernier 73 % plus élevés que la moyenne européenne. Les prix de l’électronique grand public étaient à peine inférieurs en Suisse comparé à la moyenne européenne (– 3 %). La Suisse pouvait aussi faire jeu égal dans le domaine des véhicules personnels (3 %). La situation était tout autre dans la restauration et l’hôtellerie, où la Suisse retrouvait un sommet de cherté, avec des prix 67 % plus élevés que la moyenne européenne. (Le Monde 19 juin 2017)

Bruxelles s’apprête à durcir le ton face à la City

(Le Monde 13 juin 2017)

Le quartier d’affaires de la City à Londres vu de la Tamise, le 5 juin 2017.
Le quartier d’affaires de la City à Londres vu de la Tamise, le 5 juin 2017. ODD ANDERSEN / AFP

La question est particulièrement sensible alors que le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) doivent commencer prochainement des négociations sur le Brexit, quelques jours après les législatives britanniques à l’issue desqquelles les conservateurs de la première ministre, Theresa May, ont perdu leur majorité absolue au Parlement. De nouvelles règles, présentées mardi à 17 heures par le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, pourraient obliger une grande partie des activités financières londoniennes à déménager dans l’UE après le Brexit. Elles devront ensuite être entérinées après d’éventuels amendements des Etats membres de l’Union et du Parlement européen. Au cœur de ces propositions, les chambres de compensation, rouages incontournables de la finance dont l’activité est réputée lucrative. Ces sociétés s’intercalent entre un vendeur et un acheteur pour sécuriser une transaction et se rémunèrent pour ce service. Elles participent ainsi à la stabilité du système financier et à la réduction du risque systémique. Or, la très grande majorité des produits dérivés libellés en euros sont actuellement compensés à Londres.

Au début de mai, M. Dombrovskis avait évoqué deux options possibles avant la présentation de son projet : soit améliorer les pouvoirs de supervision des autorités de l’UE concernant les entités d’un pays tiers (donc celles de la Grande-Bretagne, une fois celle-ci sortie de l’Union), soit relocaliser dans l’UE les chambres de compensation dont l’importance systémique est majeure pour l’Union. L’exécutif européen avait ensuite engagé des négociations avec toutes les parties concernées, qui n’ont visiblement pas du tout convaincu le groupe boursier britannique London Stock Exchange (LSE), propriétaire de LCH, la plus grande chambre de compensation au Royaume-Uni. Dans un entretien paru ce week-end dans le journal britannique Sunday Telegraph, son directeur général, le Français Xavier Rolet, tempêtait : « Cela va être le chaos complet. On n’a pas réfléchi à toutes les conséquences », estimant que les consultations avec les autorités européennes auraient dû durer plus d’un mois. L’ISDA, l’association internationale représentant les acteurs du secteur des produits financiers dérivés, a, de son côté, écrit une lettre à M. Dombrovskis, mettant en garde contre une augmentation des coûts pour le secteur tout entier en cas d’obligation de déménager ces activités vers l’Union à 27. Une relocalisation pourrait « accroître les problèmes de stabilité financière », ajoute le puissant lobby, mettant en avant les difficultés que pourraient rencontrer courtiers et banquiers pour trouver un nouveau site pour leurs opérations. Il y a un mois, Miles Celic, chef exécutif de la City, avait déjà laissé éclater sa rage : « Une relocalisation forcée des activités de compensation d’instruments libellés en euros conduirait à perturber, fragmenter et rendre le marché plus incertain (…) Ce serait dommageable aussi bien pour les gens et les affaires en Grande-Bretagne et en Europe. Ce n’est dans l’intérêt de personne et cela peut être évité », avait-il dit. En 2015, la City avait déjà sauvé une première fois ses chambres de compensation, lorsque la Cour européenne de justice avait éconduit la Banque centrale européenne (BCE) qui prônait la relocalisation dans la zone euro les plus grosses compensations de transactions réalisées dans cette devise.

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Barnier négocie avec la place financière et le gouvernement luxembourgeois … (5 avril 2017- WortLu)

Barnier a vu les lobbys financiers luxembourgeois

Michel Barnier au cours d'un point presse improvisé mardi midi devant l'Hôtel de Bourgogne.

Michel Barnier au cours d’un point presse improvisé mardi midi devant l’Hôtel de Bourgogne.
Anouk Antony

Lors de son passage à Luxembourg ce lundi, le négociateur en chef de l’Union européenne dans le cadre du Brexit a rencontré les représentants des principaux lobbys financiers du pays. Selon des informations du «Luxemburger Wort», après s’être entretenu successivement avec différents membres du gouvernement et du Parlement, Michel Barnier a entendu les dirigeants de l’ABBL (Association des banques), de l’Alfi (fonds d’investissement) et de l’ACA (assurances).

La réunion n’a pas fait l’objet de publicité, même si l’ancien commissaire aux services financiers a glissé lors d’un point presse improvisé mardi midi qu’il rencontrerait «aussi la communauté économique, très importante au Luxembourg, ainsi que les syndicats». L’échéance n’avait toutefois pas été précisée. Les réunions, auxquelles ont également participé le patronat (UEL et Chambre de commerce) et les syndicats (OGBL, LCGB et CGFP) se sont tenues dans l’après-midi après une rencontre avec le ministre des Finances Pierre Gramegna. Dans la matinée, M. Barnier avait vu le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn, des membres de la Chambre des députés et le Premier ministre Xavier Bettel, avec qui il a déjeuné.

Le patronat également entendu

Au cours des entretiens menés au Grand-Duché, le négociateur de l’UE face au Royaume-Uni a présenté le calendrier des négociations. Elles débuteront de manière effective fin mai après avoir accédé à «l’unité» des 27 sur une feuille de route et des directives des négociations.

Avec les représentants des lobbys et les partenaires sociaux dans l’après-midi, les discussions ont porté sur les conséquences du retrait du Royaume-Uni sur le marché du travail européen. «Ils ont aussi parlé de l’importance de maintenir un level playing field dans tout éventuel accord de libre-échange ultérieur», nous communique un membre du bureau de M. Barnier. «Tout dumping fiscal et social devrait aussi être évité» ont fait valoir les parties prenantes à la discussion, indique encore notre contact. Depuis plusieurs années et concomitamment à l’élaboration de normes internationales sur la transparence financière, le Royaume-Uni baisse significativement son taux d’imposition des sociétés. Une chute plus brutale encore est annoncée depuis le référendum de juin 2016 sur la sortie de l’UE, ce qui inquiète les centres financiers concurrents, notamment ceux qui restent soumis aux contraintes de l’UE.

Une dissociation vraiment?

Depuis la mise en œuvre officielle la semaine passée de la procédure de divorce entre l’UE et le Royaume-Uni, la Commission européenne et les Etats membres insistent sur la nécessité de dissocier les discussions sur le solde de tout compte entre les parties et celles sur un futur accord de coopération. Cela n’empêche visiblement pas le négociateur en chef de sonder les milieux économiques dès son deuxième tour des capitales.

«Je connais l’importance de la place financière de Luxembourg qui est une des principales du monde et d’Europe», a rappelé l’ancien commissaire hier devant l’Hôtel de Bourgogne.

 

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http://www.wort.lu/fr/economie/demenagement-du-siege-vers-le-royaume-uni-mcdonald-s-quitte-le-luxembourg-pour-payer-moins-d-impots-584a56a25061e01abe83d789

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Les banques se préparent à quitter la City

Le marché financier intégré de l’UE est désormais menacé par le Brexit, s’alarme Anthony Browne, directeur de la British Bankers’ Association (BBA).
Le marché financier intégré de l’UE est désormais menacé par le Brexit, s’alarme Anthony Browne, directeur de la British Bankers’ Association (BBA). TOBY MELVILLE/REUTERS

Une tribune parue dimanche dans The Guardian, signée du directeur d’un puissant lobby bancaire britannique, donne une idée du climat délétère qui règne à la City, première place financière d’Europe, à la suite de l’annonce du « Brexit », à la fin du mois de juin.

Pour Anthony Browne, directeur de la British Bankers’ Association (BBA), les banques internationales se préparent à transférer certaines de leurs activités hors du Royaume-Uni au début de 2017. De nombreuses banques plus petites prévoiraient de commencer leur relocalisation « avant Noël ».« Leurs mains tremblent au-dessus du bouton “Relocalisation” », écrit-il. En cause, explique-t-il, la possibilité d’un « Brexit«  « dur », sans compromis, vers lequel semble se diriger le gouvernement britannique et qui fait craindre au secteur bancaire de ne plus pouvoir accéder sans entrave à l’ensemble du marché de l’Union européenne.

« Le secteur bancaire est probablement le plus affecté par le “Brexit” de tous les secteurs de l’économie, à la fois par l’intensité de l’impact et par l’ampleur des conséquences », souligne-t-il encore. Lors de la conférence annuelle de la BBA, le 20 octobre, Anthony Browne avait déclaré que « la plupart des banques internationales [avaient] désormais des équipes qui travaillent à déterminer quelles opérations doivent déménager pour pouvoir continuer à fournir un service à leurs clients, ainsi que la date à laquelle cela doit arriver et quelle est la meilleure manière de s’y prendre ».

Pour les banques, il est crucial de conserver le passeport financier européen : la possibilité de vendre des produits financiers à travers toute l’UE, en étant régulé dans un seul pays, explique Joe Lynam pour la BBC. Or, si le Royaume-Uni quitte le marché unique, il perdra ce fameux passeport financier. En définitive, imposer des barrières à la finance transfrontalière sera tout aussi mauvais pour l’Europe que pour le Royaume-Uni. (Le Monde 25 octobre 2016)


http://www.taxjustice.net/2016/10/20/brexit-pound-sterling-finance-curse/
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http://lobbyfacts.eu/news/08-03-2016/finance-dominates-uk-lobbyists-operating-brussels-bubble

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